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14 septembre 2026
Équipe Body Expert
24 min de lecture

La parodontite : une maladie qui détruit l'os des dents sans faire mal

Détartrage en cours vu de très près, miroir et insert ultrasonore posés au collet des incisives inférieures

La parodontite est une maladie inflammatoire d’origine bactérienne qui détruit les tissus chargés de tenir vos dents en place : la gencive, le ligament alvéolo-dentaire qui amortit la mastication, le cément qui recouvre les racines et l’os alvéolaire dans lequel ces racines sont ancrées. Elle commence presque toujours par une gingivite, une inflammation limitée à la gencive et encore réversible. Elle change de nature le jour où l’attache entre la dent et l’os cède, car cette perte-là ne se reconstitue pas d’elle-même.

Sa forme sévère concerne 11,2 % de la population mondiale et se situe au sixième rang des affections humaines les plus répandues (Kassebaum et al., 2014). En France, l’enquête nationale conduite en 2002-2003 sur 2144 adultes de 35 à 64 ans a relevé une perte d’attache d’au moins 5 mm chez 46,68 % d’entre eux, ce qui correspond à l’idée courante selon laquelle un adulte sur deux est concerné par une atteinte parodontale (Bourgeois et al., 2007).

Ce qui rend cette maladie difficile à saisir tient moins à sa fréquence qu’à son silence. Elle progresse pendant des années sans provoquer de douleur, et son premier signal, un saignement au brossage, passe le plus souvent pour un coup de brosse trop appuyé. Cet article décrit ce qui sépare une gingivite d’une parodontite, le mécanisme inflammatoire qui consomme l’os, les facteurs de risque établis par la recherche, les signes qui doivent vous conduire chez un praticien et la façon dont le diagnostic se pose au fauteuil.

Qu’est-ce que la parodontite détruit exactement

Le parodonte désigne l’ensemble des quatre tissus qui soutiennent une dent. La gencive forme la partie visible et scelle le collet. Le cément recouvre la racine. Le ligament alvéolo-dentaire relie ce cément à l’os par des fibres tendues, qui font de chaque dent une pièce légèrement suspendue plutôt que scellée. L’os alvéolaire, enfin, constitue le logement de la racine et se modèle en permanence.

Une dent n’est donc pas plantée dans la mâchoire à la manière d’un clou. Elle est attachée, et c’est précisément cette attache que la parodontite consomme. La classification internationale adoptée en 2017 définit la maladie par une perte d’attache clinique interdentaire mesurable sur au moins deux dents non adjacentes, accompagnée d’une perte osseuse visible en radiographie (Papapanou et al., 2018).

Le mécanisme : une réaction de défense qui se retourne contre l’os

Le point de départ est un dépôt bactérien, la plaque dentaire, qui se forme en permanence à la surface des dents et au bord de la gencive. Tant que ce dépôt est éliminé chaque jour, il reste compatible avec une gencive saine. Lorsqu’il persiste, sa composition se déséquilibre au profit d’espèces anaérobies, et l’organisme répond par une inflammation.

Cette inflammation est d’abord protectrice. Elle devient destructrice lorsqu’elle s’installe : les médiateurs libérés pour contenir les bactéries dissolvent les fibres du ligament et activent la résorption de l’os alvéolaire. La lésion s’approfondit, l’espace entre la dent et la gencive se creuse en poche parodontale, et cette poche devient un abri où les bactéries échappent à la brosse à dents. Le cycle s’entretient de lui-même.

La preuve expérimentale de ce point de départ est ancienne et n’a jamais été démentie. En 1965, Löe et ses collègues ont demandé à des volontaires à gencive saine d’interrompre tout nettoyage : une gingivite est apparue chez tous en dix à vingt et un jours, puis a régressé en une semaine dès la reprise du brossage (Löe et al., 1965). La plaque déclenche l’inflammation, son élimination la fait disparaître, à condition que rien n’ait encore été détruit.

Infographie Body Expert en quatre vignettes montrant une gencive saine, une gingivite, une parodontite puis une parodontite avancée avec perte osseuse

Gingivite ou parodontite : où passe exactement la frontière

Les deux maladies partagent la même cause et les mêmes premiers signes, ce qui explique la confusion fréquente. La différence est pourtant nette, et elle décide de tout le reste.

Gencives supérieures très rouges et gonflées, avec des traces de saignement au collet des incisives

La gingivite est une inflammation qui reste confinée à la gencive. Le ligament et l’os ne sont pas touchés, l’attache est intacte, et l’état initial est retrouvé lorsque la plaque est éliminée. La définition clinique retenue en 2017 repose sur un critère mesurable, le saignement au sondage : un patient à parodonte intact est considéré comme atteint de gingivite au-delà de 10 % de sites qui saignent, la forme étant dite généralisée au-delà de 30 % (Trombelli et al., 2018).

La parodontite commence lorsque l’inflammation franchit cette limite et atteint l’attache. À partir de là, la gencive peut être assainie, l’inflammation éteinte et la maladie stabilisée, mais le niveau osseux perdu ne remonte pas spontanément : il s’agit d’une atteinte irréversible, ce qui fait de la gingivite le seul stade où une guérison complète reste possible (Chapple et al., 2015).

Gingivite Parodontite
Inflammation de la gencive Atteinte du ligament et de l’os
Attache dentaire intacte Perte d’attache interdentaire
Réversible en quelques semaines Perte osseuse non réversible
Saignement au brossage Saignement, poches, mobilité
Hygiène et détartrage suffisent Prise en charge parodontale

Toutes les gingivites n’évoluent pas en parodontite, et cette évolution n’a rien d’automatique. La bascule dépend de la durée pendant laquelle l’inflammation est laissée en place et de la susceptibilité propre de chaque personne, sur laquelle le tabac, le diabète et l’hérédité pèsent lourdement.

Pourquoi la maladie avance des années sans douleur

L’absence de douleur est la caractéristique la plus trompeuse de la parodontite, et la première raison pour laquelle les patients consultent tard. Une carie profonde fait souffrir parce qu’elle approche la pulpe, tissu richement innervé. La parodontite, elle, détruit des structures de soutien dont la destruction lente ne produit aucun signal comparable.

La lenteur y contribue autant que l’anatomie. La perte osseuse se compte en fractions de millimètre par an, et la gencive s’adapte à mesure : les dents paraissent progressivement plus longues, les espaces entre elles s’ouvrent, sans qu’aucun jour ne marque un changement perceptible. Le saignement au brossage, seul signe précoce fiable, est presque toujours interprété comme une gencive fragile plutôt que comme une inflammation installée.

La douleur finit par apparaître, mais tardivement et pour une autre raison que la maladie elle-même. Elle accompagne le plus souvent un abcès, c’est-à-dire une accumulation de pus dans la paroi gingivale d’une poche, que la classification internationale décrit comme une lésion aiguë à part entière (Papapanou et al., 2018). Une dent devenue mobile au point de gêner la mastication signale, elle aussi, une perte de support déjà considérable.

Infographie Body Expert comparant trois types d'abcès dentaires : abcès gingival, abcès parodontal et abcès périapical

Les signes qui doivent vous conduire chez un praticien

Aucun de ces signes ne pose un diagnostic à lui seul, et plusieurs peuvent coexister sans que la personne concernée s’en inquiète. Leur valeur tient à ce qu’ils indiquent une inflammation active, seule situation dans laquelle une prise en charge précoce change le pronostic.

Ce que vous observez Ce que cela signale
Saignement au brossage Inflammation gingivale active
Gencive rouge et gonflée Gingivite en cours
Mauvaise haleine tenace Bactéries en profondeur
Dent qui semble s’allonger Récession et perte d’attache
Espace nouveau entre deux dents Perte osseuse interdentaire
Aliments qui se coincent Modification des points de contact
Dent mobile ou qui se déplace Support osseux très réduit
Pus au bord de la gencive Abcès parodontal

Dents antérieures marquées par des dépôts de tartre jaunâtres au collet, gencives rétractées laissant apparaître la base des racines

Un saignement isolé mérite déjà une consultation, parce qu’il se situe au seul stade encore entièrement réversible. Une mobilité dentaire ou un abcès appellent un rendez-vous rapide, sans attendre le contrôle annuel.

Ce qui expose à une parodontite

La plaque dentaire est la condition nécessaire de la maladie, mais elle n’en explique pas la sévérité. À hygiène comparable, deux personnes ne développent pas la même atteinte, et la recherche des trente dernières années a identifié les facteurs qui font la différence.

Le tabac, le facteur modifiable le plus lourd

La revue systématique la plus solide sur le sujet a réuni vingt-huit études longitudinales prospectives et conclut que fumer augmente de 85 % le risque de parodontite, avec un risque relatif combiné de 1,85 (Leite et al., 2018). Le tabac altère la réponse immunitaire locale et la vascularisation de la gencive. Il produit au passage un effet trompeur : en réduisant le saignement, il masque le principal signe d’alerte, si bien que la maladie d’un fumeur est souvent découverte à un stade plus avancé.

Le diabète, dans les deux sens

Mesure de la glycémie au bout du doigt à l'aide d'un lecteur, mains gantées de bleu

Le rapport conjoint de la Fédération européenne de parodontologie et de la Fédération internationale du diabète établit une relation à double sens. Les personnes atteintes de parodontite présentent un risque accru de dysglycémie et d’insulinorésistance, ainsi qu’un risque plus élevé de survenue d’un diabète de type 2. À l’inverse, chez les personnes déjà diabétiques, les études de cohorte relèvent une hémoglobine glyquée significativement plus élevée en présence d’une parodontite qu’en cas de parodonte sain (Sanz et al., 2018).

Cette relation a une traduction pratique immédiate. Un diabète mal équilibré entretient l’inflammation parodontale, et une parodontite non traitée complique l’équilibre glycémique, ce qui justifie que les deux prises en charge avancent ensemble plutôt que l’une après l’autre.

La part héréditaire, réelle mais partielle

L’hérédité revient souvent dans les explications que les patients se donnent, parfois pour renoncer par avance. La revue systématique qui a rassemblé les données de plus de cinquante mille personnes situe l’héritabilité de la parodontite à 0,38 dans les études de jumeaux et à 0,29 lorsque études de jumeaux et études familiales sont combinées, soit environ un tiers de la variabilité observée dans la population (Nibali et al., 2019). Les auteurs relèvent en outre que cette part diminue avec l’âge, à mesure que l’exposition accumulée prend le dessus.

Une susceptibilité familiale rend donc la surveillance plus utile sans rendre la maladie inévitable, puisque les deux tiers restants dépendent de la plaque, du tabac, de l’état général et de la régularité des contrôles.

L’âge, les hormones et l’état général

La prévalence augmente régulièrement avec l’âge, avec une hausse marquée entre la troisième et la quatrième décennie et un pic d’incidence situé autour de 38 ans (Kassebaum et al., 2014). L’Assurance Maladie situe le maximum de fréquence vers 55 ans et rappelle que les maladies parodontales interviennent dans 30 à 40 % des extractions dentaires (Assurance Maladie, 2026). L’âge en lui-même n’est pas la cause : il additionne les années d’exposition.

D’autres situations pèsent sur la susceptibilité individuelle : les variations hormonales de la puberté, de la grossesse et de la ménopause, les traitements qui réduisent le flux salivaire, les déficits immunitaires et les carences nutritionnelles. Un encombrement dentaire ou une restauration débordante ne provoquent pas la maladie, mais créent des zones que la brosse atteint mal, où la plaque s’organise plus vite.

Ce qui protège votre parodonte

La prévention de la parodontite se confond avec la maîtrise de la gingivite, puisque la seconde précède toujours la première. Le groupe de travail européen consacré à cette prévention primaire retient le contrôle mécanique quotidien de la plaque comme socle, et souligne que le nettoyage interdentaire apporte un bénéfice que le brossage seul n’atteint pas, la brosse ne pénétrant pas dans les espaces entre les dents (Chapple et al., 2015).

Passage du fil dentaire entre deux dents antérieures, lèvre écartée

En pratique, le socle tient en trois habitudes. Un brossage deux fois par jour avec un dentifrice fluoré, mené sans précipitation le long du bord gingival et non uniquement sur les faces visibles. Un nettoyage interdentaire quotidien, à la brossette lorsque les espaces le permettent, au fil dans le cas contraire. Des contrôles réguliers chez un chirurgien-dentiste, dont la fréquence s’ajuste au risque de chacun plutôt qu’à un rythme uniforme.

Morceaux de sucre blanc barrés d'un panneau d'interdiction rouge sur fond bleu

L’alimentation intervient de manière indirecte. Les sucres rapides et les boissons gazeuses sucrées nourrissent le biofilm et augmentent l’acidité buccale, ce qui favorise la carie et entretient un environnement propice à la plaque. Réduire leur fréquence compte davantage que réduire leur quantité, puisque chaque prise relance le cycle. L’arrêt du tabac, enfin, reste la mesure dont l’effet est le mieux documenté sur l’évolution de la maladie.

Comment le diagnostic se pose au fauteuil

Patiente allongée au fauteuil pendant un soin, le praticien travaillant avec un instrument rotatif dans la bouche

Le diagnostic d’une parodontite ne repose pas sur l’aspect de la gencive, qui peut paraître presque normale au-dessus d’une lésion profonde. Il repose sur une mesure, réalisée à l’aide d’une sonde parodontale graduée que le praticien glisse entre la dent et la gencive, en six points autour de chaque dent.

Cette mesure donne deux informations. La profondeur de sondage, exprimée en millimètres, qui reste comprise entre 1 et 3 mm autour d’une dent saine et signale une poche au-delà de 4 mm. Le saignement au sondage, qui indique si l’inflammation est active au moment de l’examen. À ces relevés s’ajoute la position du rebord gingival, dont la combinaison avec la profondeur donne la perte d’attache réelle.

Vue intra-orale prise à l'aide de deux miroirs dentaires, montrant les faces internes des arcades et les dépôts au collet des dents

La radiographie complète l’examen clinique en objectivant le niveau osseux. Un bilan rétro-alvéolaire ou une radiographie panoramique montre la hauteur d’os restante le long de chaque racine, information qu’aucun examen à l’œil nu ne fournit. C’est également elle qui révèle les lésions situées à la pointe des racines, invisibles autrement.

Radiographie dentaire montrant des molaires, leurs racines et le niveau de l'os autour d'elles

Stades et grades : ce que signifie le classement de votre atteinte

Depuis 2017, la parodontite n’est plus séparée en formes chronique et agressive. Elle est décrite par un stade, qui exprime la sévérité et la complexité de l’atteinte au moment du diagnostic, et par un grade, qui exprime la vitesse à laquelle elle progresse (Tonetti et al., 2018). Le stade se lit sur la dent la plus atteinte, en pourcentage de perte osseuse rapportée à la longueur de la racine.

Stade Perte osseuse observée
Stade I Moins de 15 % de la racine
Stade II Tiers coronaire de la racine
Stade III Tiers moyen de la racine ou plus
Stade IV Tiers moyen ou plus, dents perdues

Le stade IV se distingue du stade III moins par la hauteur d’os perdue que par ses séquelles : dents déjà perdues du fait de la maladie, mobilité, fonction masticatoire altérée (Tonetti et al., 2018).

Le grade se calcule en divisant le pourcentage de perte osseuse par l’âge du patient, ce qui distingue une atteinte installée depuis longtemps d’une atteinte récente et rapide chez une personne jeune.

Grade Perte osseuse rapportée à l’âge
Grade A Rapport inférieur à 0,25
Grade B Rapport compris entre 0,25 et 1
Grade C Rapport supérieur à 1

L’atteinte est enfin dite localisée lorsqu’elle concerne moins de 30 % des dents, et généralisée au-delà. Ce classement commande la stratégie retenue, le nombre de séances et le rythme de la maintenance, que détaille notre article consacré aux traitements de la parodontite. Les situations les plus avancées, où la conservation des dents n’est plus acquise, relèvent de la parodontite au stade terminal.

Les formes particulières à connaître

Infographie Body Expert opposant une pulpite, liée à une carie atteignant la pulpe, et une parodontite apicale avec abcès à la pointe de la racine

La parodontite apicale, qui vient de l’intérieur de la dent

Le mot « parodontite » recouvre en réalité deux maladies distinctes. Celle qui vient d’être décrite part du bord de la gencive et descend le long de la racine. La parodontite apicale, elle, part de l’intérieur de la dent : une carie non traitée atteint la pulpe, l’infection suit le canal radiculaire et provoque une lésion inflammatoire à la pointe de la racine, à l’endroit où celle-ci rejoint l’os.

Sa fréquence est considérable et largement ignorée. La méta-analyse la plus large sur le sujet, qui a réuni 114 études et près de 35 000 personnes, situe sa prévalence à 52 % des individus, soit un adulte sur deux porteur d’au moins une dent concernée, et à 40 % dans les échantillons représentatifs de la population générale (Tibúrcio-Machado et al., 2021). Les auteurs soulignent que ce chiffre reste probablement sous-estimé, la lésion n’étant visible qu’en radiographie.

Femme portant la main à la joue, visage crispé par une douleur dentaire

Sa forme chronique évolue silencieusement pendant des années. Sa forme aiguë se manifeste au contraire par une douleur intense et continue, qui conduit souvent aux urgences dentaires et qui constitue, pour beaucoup de patients, la première manifestation perceptible d’une infection installée de longue date.

La parodontite du sujet jeune

L’ancienne appellation de parodontite juvénile ou agressive a disparu de la classification en 2017, au profit d’une description par stade et par grade (Papapanou et al., 2018). La réalité clinique qu’elle recouvrait demeure : chez un adolescent ou un jeune adulte, une atteinte peut progresser rapidement en touchant préférentiellement les premières molaires et les incisives, avec une perte osseuse sans rapport avec la quantité de plaque visible et sans inflammation gingivale spectaculaire.

Bouche d'une jeune personne, lèvre écartée du doigt, laissant voir les incisives et le rebord gingival

Ces formes correspondent aujourd’hui à un grade C, celui d’une progression rapide, et justifient un dépistage familial : la présence d’un cas chez un frère, une sœur ou un parent augmente l’intérêt d’un examen parodontal chez les autres membres de la fratrie, avant que la perte osseuse ne devienne visible à l’œil nu.

Dents mal alignées, appareil orthodontique et santé de la gencive

Bagues orthodontiques à attaches vertes posées sur les dents supérieures, gencive rouge et enflée autour des brackets

Un encombrement dentaire ou une malocclusion ne déclenchent pas une parodontite par eux-mêmes. Leur effet est mécanique : ils créent des recoins où la brosse passe mal, où la plaque s’installe durablement et où le tartre se forme plus vite. C’est l’inflammation entretenue par ce dépôt, et non le désalignement, qui détruit l’attache.

Le raisonnement vaut aussi pour l’appareil lui-même. Bagues, arcs et attaches multiplient les surfaces de rétention de la plaque, ce qui explique la fréquence des gingivites chez les adolescents appareillés. Un déplacement orthodontique entrepris sur un parodonte enflammé aggrave la perte d’attache, alors que le même déplacement conduit sur une inflammation maîtrisée n’a pas cet effet. L’ordre des opérations compte donc davantage que le choix de la technique.

Brossette interdentaire verte glissée entre deux dents équipées de bagues orthodontiques métalliques

En présence d’un appareil, le nettoyage interdentaire cesse d’être un complément pour devenir la partie décisive de l’hygiène quotidienne, avec une brossette adaptée au diamètre de chaque espace. Lorsque des dents ont migré sous l’effet d’une parodontite, leur repositionnement s’envisage une fois la maladie stabilisée, et fait partie des situations décrites dans notre guide pour refaire ses dents.

Ce que la parodontite change au-delà de la bouche

Les liens entre parodontite et santé générale font l’objet d’une littérature abondante, qu’il faut lire avec la précision que les auteurs eux-mêmes emploient. Le rapport de consensus publié par la Fédération européenne de parodontologie et la Fédération mondiale du cœur conclut à des associations indépendantes entre parodontite sévère et maladies cardiovasculaires, et décrit les mécanismes inflammatoires qui les rendent plausibles (Sanz et al., 2020). Une association établie n’est pas une relation de cause à effet démontrée, et le texte du consensus le formule ainsi.

Pour le diabète, le niveau de preuve est plus élevé, puisque la relation est bidirectionnelle et que le traitement parodontal s’accompagne d’une baisse de l’hémoglobine glyquée de 0,27 à 0,48 % à trois mois dans les études rassemblées par le groupe conjoint (Sanz et al., 2018). C’est à ce jour le lien le mieux documenté entre une prise en charge parodontale et un paramètre de santé générale.

Portrait d'un homme barbu avant et après traitement, dents antérieures abîmées et colorées puis arcade supérieure reconstituée

Quand la maladie a déjà coûté des dents

Une parodontite non stabilisée conduit à la perte des dents les plus atteintes, et cette perte pose ensuite une question de reconstruction. L’os alvéolaire n’existant que pour loger des racines, il se résorbe là où la dent a disparu, ce qui réduit progressivement le volume disponible pour un futur implant.

Portrait d'une femme souriante avant et après traitement, dents antérieures irrégulières puis sourire aligné

Deux principes gouvernent cette étape. Le premier tient à l’ordre : la maladie doit être stabilisée avant toute reconstruction, faute de quoi le même processus inflammatoire s’installe autour des nouveaux dispositifs. Le second tient au support disponible : lorsque la hauteur ou l’épaisseur d’os ne suffit plus, une greffe osseuse dentaire précède la pose, et une récession importante peut appeler une greffe de gencive pour rétablir une gencive attachée suffisante. Les modalités de remplacement sont détaillées dans notre guide de l’implant dentaire.

Faire traiter sa parodontite avec Body Expert en Turquie

Les soins parodontaux étendus ne sont pas pris en charge par l’Assurance Maladie au-delà de quelques actes de base, et les honoraires étant libres, le reste à charge devient rapidement dissuasif lorsqu’il s’accompagne d’une reconstruction. C’est la raison pour laquelle une partie des patients francophones se tourne vers le tourisme dentaire.

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Le parcours commence par l’envoi de vos photographies et de vos radiographies récentes. Un devis gratuit vous est adressé sous 24 h, sans engagement, à partir de l’analyse de votre situation parodontale. Un bilan complet est refait sur place avant tout acte, et le plan initial est ajusté si l’examen clinique et les radiographies réalisées à Istanbul le justifient.

Portrait d'un homme avant et après traitement, dents antérieures très dégradées puis arcade complète

Questions fréquentes sur la parodontite

La parodontite fait-elle mal ?
Dans la très grande majorité des cas, non, et c’est précisément ce qui la rend difficile à repérer. La douleur survient lors d’un abcès parodontal ou lorsqu’une mobilité importante gêne la mastication, donc à un stade déjà avancé. Le saignement au brossage reste le signal le plus précoce et le plus fiable.

Peut-on guérir d’une parodontite ?
La maladie se stabilise mais ne s’efface pas : l’os et l’attache perdus ne se reconstituent pas spontanément, ce qui fait de la parodontite une atteinte irréversible au sens strict (Chapple et al., 2015). Une fois l’inflammation maîtrisée, la situation peut rester stable pendant des années, à condition que la maintenance soit poursuivie.

Portrait d'une femme d'âge mûr avant et après traitement, dents antérieures abîmées puis sourire homogène

La parodontite est-elle contagieuse ?
La maladie ne se transmet pas, mais les bactéries impliquées circulent par la salive au sein d’un foyer. Ce passage ne suffit pas à déclencher une parodontite chez une personne dont la gencive est saine et dont l’hygiène est correcte, la susceptibilité individuelle et la persistance de la plaque restant déterminantes.

À partir de quel âge faut-il s’en préoccuper ?
La prévalence augmente nettement à partir de la trentaine, mais des formes rapides existent chez l’adolescent et le jeune adulte. Un saignement persistant justifie une consultation à tout âge.

Portrait d'une femme âgée à lunettes avant et après traitement, dents antérieures usées et espacées puis sourire complet

Un détartrage suffit-il à régler le problème ?
Un détartrage élimine le tartre situé au-dessus de la gencive et traite efficacement une gingivite. Il n’atteint pas le fond des poches parodontales, où se concentrent les bactéries responsables de la destruction osseuse, ce qui explique qu’une parodontite avérée relève d’une prise en charge spécifique.

Faut-il consulter un parodontologue plutôt qu’un chirurgien-dentiste ?
Le dépistage et la prise en charge des formes courantes relèvent du chirurgien-dentiste, qui réalise le sondage et les radiographies. Les atteintes sévères, les formes à progression rapide et les situations chirurgicales justifient l’avis d’un praticien spécialisé en parodontologie.

Portrait d'une femme aux cheveux auburn avant et après traitement, dents antérieures jaunies puis sourire éclairci

Sources

Assurance Maladie. (2026). Comprendre la maladie des gencives : gingivite et parodontite. Ameli.fr. Consulter la fiche

Bourgeois, D., Bouchard, P., & Mattout, C. (2007). Epidemiology of periodontal status in dentate adults in France, 2002-2003. Journal of Periodontal Research, 42(3), 219–227. https://doi.org/10.1111/j.1600-0765.2006.00936.x

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