Le terme prothèse dentaire rassemble tout ce qui remplace une dent absente ou recouvre une dent trop abîmée pour être simplement obturée. Une couronne coiffe une racine conservée. Un bridge s’appuie sur les dents voisines pour combler un espace. Un appareil amovible, partiel ou complet, se pose sur la gencive et se retire chaque soir. Un montage complet peut enfin être vissé sur des implants placés dans l’os. Chacun de ces dispositifs répond à une situation clinique précise, avec ses matériaux, son rythme de renouvellement et ses propres règles de remboursement.
Cet article parcourt ces familles une à une : ce que chacune remplace, dans quel cas elle est proposée, en quoi elle est fabriquée, ce qu’elle change au quotidien, combien de temps elle tient et quelle part de la dépense l’Assurance Maladie prend en charge. Les montants et les règles cités valent pour la France.
Le mot vient du grec ancien prosthesis, qui signifie ajouter à, et désignait d’abord les dispositifs destinés à remplacer un membre amputé. La prothèse dentaire est aujourd’hui un objet de haute précision, dessiné sur une empreinte ou un scanner intrabuccal, puis usiné dans un bloc de céramique ou de métal par une machine à commande numérique, avant les retouches manuelles du prothésiste.
L’ancêtre de ces appareils remonte bien plus loin. La plus ancienne prothèse dentaire connue est étrusque et date d’environ 2600 ans : une dent de vache retaillée et incisée de traits verticaux pour imiter des dents naturelles, qui remplaçait trois incisives supérieures et se fixait aux dents voisines par un fil d’or. Les Phéniciens, de leur côté, savaient déjà relier deux dents par un pont d’or ligaturé, principe dont le bridge moderne reste l’héritier direct.
Les dents artificielles européennes du XVIIIe siècle étaient sculptées dans l’os de fémur de bœuf ou dans l’ivoire, matières poreuses qui se dégradaient au contact de la salive. L’arrivée de la porcelaine a résolu ce problème et ouvert la voie aux prothèses minérales. La chirurgie de reconstruction faciale et dentaire a ensuite progressé rapidement au sortir de la Première Guerre mondiale, auprès des blessés de la face. Les prothèses amovibles en caoutchouc vulcanisé puis en résine acrylique, les couronnes en porcelaine et les bridges métalliques se sont généralisés au cours de la première moitié du XXe siècle. Le titane et la zircone, eux, n’ont trouvé leur place qu’au cours des dernières décennies.
La perte de dents touche une large part de la population adulte. Une revue systématique publiée en 2022, qui a rassemblé 86 études et 17 enquêtes nationales portant sur des adultes de 45 ans et plus vivant à domicile, situe la prévalence de l’édentement complet à 22 % en estimation groupée, avec des écarts considérables d’un pays à l’autre (Borg-Bartolo et al., 2022). Les mêmes travaux relèvent une part croissante de personnes âgées qui conservent leurs dents, donc un besoin de restaurations unitaires plutôt que de dentiers complets.
Remplacer une dent répond à des raisons fonctionnelles autant qu’esthétiques. La dent absente laisse un espace vers lequel les dents voisines basculent et vers lequel la dent antagoniste migre, ce qui déséquilibre progressivement l’occlusion. L’os de la mâchoire, privé des contraintes que lui transmettait la racine, se résorbe lentement à cet endroit. La mastication se reporte sur les secteurs restants, et l’élocution ainsi que le soutien des lèvres et des joues se modifient lorsque plusieurs dents antérieures manquent.
La fabrication associe deux métiers. Le chirurgien-dentiste pose le diagnostic, prépare les dents, prend l’empreinte ou l’enregistrement numérique et assure la pose. Le prothésiste dentaire conçoit et fabrique la pièce en laboratoire, choisit les teintes et ajuste la morphologie à l’anatomie du patient. Le choix entre les familles décrites ci-dessous dépend du nombre de dents manquantes et de leur position, de l’état des dents restantes, du volume d’os disponible, de l’hygiène que vous pourrez tenir et du budget dont vous disposez. Pour une vue d’ensemble des parcours de reconstruction, notre page consacrée à refaire ses dents décrit les étapes dans leur ordre chronologique.
Une prothèse fixe reste en bouche en permanence. Elle est scellée, collée ou vissée, et seul le praticien peut la déposer. Cette catégorie couvre aussi bien une couronne unitaire qu’une arcade complète portée par des implants, avec des degrés d’intervention très différents. Le détail des montages fixes et de leurs indications figure dans notre guide de la prothèse dentaire fixe.
Lorsqu’une mâchoire est totalement édentée, la reconstruction fixe consiste à visser des implants en titane dans l’os, puis à y fixer un arc prothétique complet. Les montages portent le nom du nombre d’implants qui les soutiennent : All-on-4, All-on-6 ou All-on-8, pour dix à quatorze dents artificielles par mâchoire. L’ensemble est solidaire des implants et ne comporte pas de faux-palais.
La pose des implants se fait sous anesthésie locale, mais l’arcade définitive n’est vissée que trois à six mois plus tard, délai nécessaire pour que l’os cicatrise au contact du titane. Dans l’intervalle, une prothèse provisoire assure la mastication et l’apparence, et le praticien contrôle la stabilité de chaque implant avant de lancer la fabrication définitive.
Le nombre d’implants se fixe à la lecture de l’examen tridimensionnel. Le volume d’os disponible à chaque emplacement, le tracé de la mâchoire, la proximité du sinus maxillaire en haut et celle du nerf alvéolaire inférieur en bas limitent les positions possibles, et le chirurgien retient le montage que ces contraintes autorisent. Lorsque l’os manque, une greffe préalable est proposée, et le traitement s’allonge alors de plusieurs mois.
Entre l’arcade transvissée et l’appareil que vous retirez le soir, il existe une famille intermédiaire : les prothèses amovibles retenues par des implants, sur boutons pression ou sur barre. Le vocabulaire commercial les range souvent sous l’étiquette de dentier fixe, alors qu’elles se retirent pour le nettoyage, et le choix entre ces montages dépasse le cadre de ce panorama. Notre article sur le dentier fixe sur implants compare les trois solutions, le nombre d’implants qu’elles demandent et ce que les études mesurent réellement.
Pour un édentement limité, deux voies coexistent. La première pose un implant à la place de la racine absente et le coiffe d’une couronne. La seconde prend appui sur les dents voisines et construit un bridge au-dessus de l’espace vide.
Quand la dent et sa racine manquent et que la base osseuse le permet, l’implant en titane sert de racine artificielle. Une couronne en céramique, souvent en zircone, y est vissée par l’intermédiaire d’un pilier. Cette solution est la seule qui n’exige rien des dents voisines, qui restent intactes. Elle demande en revanche une intervention chirurgicale, un délai de cicatrisation et une hygiène rigoureuse autour du col de l’implant. Le déroulement complet du traitement est décrit sur notre page implant dentaire.
Le bridge relie plusieurs couronnes solidaires : celles qui coiffent les dents piliers et celle, ou celles, qui remplacent la dent manquante. Il se pose en quelques semaines, sans chirurgie osseuse, ce qui explique qu’il reste très employé. Son coût biologique se situe du côté des dents supports, qui doivent être retaillées, ou qui sont couronnées si elles nécessitaient elles-mêmes une restauration.
Un bridge peut aussi prendre appui sur des implants plutôt que sur des dents naturelles, ce qui évite de toucher aux voisines lorsqu’elles sont saines. Deux implants suffisent alors à porter un bridge de trois éléments.
Lorsque les dents bordant l’espace sont indemnes, le bridge collé constitue une option beaucoup moins invasive : la prothèse est retenue par des ailettes collées sur la face interne d’une seule dent voisine ou des deux. Les critères de choix entre ces montages, leurs taux de survie respectifs et leurs contre-indications sont détaillés dans notre comparatif des alternatives aux implants dentaires.
Toutes les prothèses fixes ne remplacent pas une dent absente. Une partie d’entre elles recouvre une dent bien présente, pour la protéger, la reconstruire ou en corriger l’aspect.
La couronne reconstitue la forme, la fonction et l’aspect d’une dent trop délabrée pour une obturation classique : dent dévitalisée, fracturée, profondément cariée ou portant une restauration devenue trop volumineuse. La dent est préparée, c’est-à-dire réduite sur son pourtour, éventuellement renforcée par un ancrage radiculaire, puis coiffée.
La question du matériau se pose surtout ici. Une revue systématique portant sur 67 études, 4663 couronnes céramo-métalliques et 9434 couronnes tout céramique, donne à cinq ans un taux de survie de 94,7 % pour les couronnes céramo-métalliques, de 96,6 % pour les vitrocéramiques renforcées au disilicate de lithium et de 92,1 % pour la zircone frittée (Sailer et al., 2015). Les couronnes en céramique feldspathique se situent nettement en dessous, et leurs résultats comme ceux de la zircone se dégradent significativement dans les secteurs postérieurs, là où les forces de mastication sont les plus élevées. Les auteurs relèvent aussi que la zircone perdait sa céramique cosmétique et sa rétention plus souvent que le céramo-métallique. L’absence d’armature métallique améliore donc la translucidité dans les secteurs visibles, sans constituer un progrès sur tous les plans. Notre article sur les couronnes dentaires reprend ce choix de matériau dent par dent.
La dent est d’abord assainie, les caries éliminées et le traitement endodontique contrôlé si la dent a été dévitalisée. La couronne vient ensuite ceinturer ce qu’il reste de tissu dentaire et le protéger des contraintes de mastication, ce qu’une obturation volumineuse ne fait pas.
Sur une dent saine mais déformée, tachée en profondeur ou mal positionnée, la même pièce prothétique poursuit un objectif différent. La préparation retire alors la matière nécessaire au logement de la couronne en conservant le maximum de tissu sain, et la question devient celle du bon rapport entre le gain visuel et le sacrifice de structure.
La facette est une pellicule de céramique collée sur la face visible d’une dent antérieure. Elle corrige une coloration que l’éclaircissement ne réduit pas, un bord ébréché, un léger chevauchement ou un espacement modéré. Elle ne couvre que l’avant et les côtés de la dent, ce qui limite la préparation mais aussi les situations où elle convient : un bruxisme, un émail trop fin ou une malocclusion marquée orientent plutôt vers une couronne, et une maladie parodontale doit être traitée avant toute restauration collée. Les différences entre céramiques, épaisseurs et marques sont traitées dans notre comparatif des types de facettes dentaires.
Entre l’obturation et la couronne se place la restauration partielle collée, fabriquée au laboratoire puis collée dans la cavité. L’inlay s’insère à l’intérieur de la dent, l’onlay recouvre en plus une ou plusieurs cuspides. Employés sur les prémolaires et les molaires, ces éléments préservent davantage de tissu qu’une couronne et résistent mieux qu’une obturation directe de grand volume. Depuis le 1er janvier 2025, le règlement (UE) 2024/1849 interdit l’usage de l’amalgame dentaire dans l’Union européenne, sauf lorsque le praticien l’estime strictement nécessaire au regard des besoins médicaux du patient ; pour une grande cavité postérieure, le choix se fait donc entre un composite direct et l’une de ces restaurations indirectes. Les indications précises et la longévité de ces restaurations sont détaillées dans notre article inlay et onlay.
L’appareil amovible repose sur la gencive et, à la mâchoire supérieure, sur le palais. Vous le retirez vous-même pour le nettoyer. Son coût est le plus bas de toutes les solutions prothétiques, sa pose ne demande aucune chirurgie et il se répare ou s’agrandit si une nouvelle dent est perdue. En contrepartie, il transmet les forces de mastication à la muqueuse plutôt qu’à l’os, il bouge, et son volume se fait sentir pendant les premières semaines.
Elle remplace une ou plusieurs dents lorsqu’il en reste de saines, et se maintient par des crochets prenant appui sur ces dernières. Deux constructions coexistent dans cette famille. La base entièrement en résine est rapide à fabriquer et peu coûteuse, mais elle se colore, se casse en cas de chute et recouvre largement la gencive : elle sert le plus souvent d’appareil transitoire, le temps d’une cicatrisation ou de la fabrication d’une solution définitive. Le châssis en alliage chrome-cobalt, plus fin, plus rigide et plus léger, dégage la gencive et répartit les appuis sur les dents restantes, pour une longévité nettement supérieure.
Ces appareils sont aussi ceux que les patients abandonnent le plus. Une revue publiée dans le Journal of Prosthetic Dentistry rapporte que près de 40 % des porteurs cessent d’utiliser leur prothèse partielle amovible dans les cinq ans, pour des motifs qui tiennent à la douleur, à l’esthétique et au contexte social plus qu’à une défaillance technique (Campbell et al., 2017). Les mêmes auteurs identifient ce qui fait la différence : la conception de l’appareil, les matériaux, la facilité de réparation, l’information donnée au patient et la régularité du suivi. Un appareil partiel réussi se juge donc autant sur l’accompagnement que sur la pièce elle-même.
Le dentier complet remplace l’ensemble d’une arcade. En haut, il prend appui sur le palais et la gencive, et se maintient par un effet de succion qui dépend de la qualité de l’empreinte et de la salive. En bas, la surface d’appui se réduit à un fer à cheval, sans palais pour retenir l’appareil, ce qui rend la stabilité mandibulaire nettement plus difficile à obtenir. Une armature métallique noyée dans la résine renforce l’ensemble et limite les fractures.
Deux limites accompagnent ce dispositif. La crête osseuse continue de se résorber sous l’appareil, si bien que l’ajustement obtenu au départ se dégrade au fil des années et demande des rebasages. Et la force de mastication développée reste inférieure à celle d’un bridge ou d’une restauration portée par des implants, ce qui se traduit par un choix d’aliments plus restreint.
Les premières semaines demandent de la patience, et il vaut mieux le savoir avant la pose. La salivation augmente pendant quelques jours, le temps que la muqueuse s’habitue au volume de la base. L’élocution se modifie, en particulier sur les sifflantes, et quelques minutes de lecture à voix haute chaque jour raccourcissent cette phase. L’alimentation se reprend progressivement, par des aliments tendres coupés en petits morceaux et mastiqués des deux côtés à la fois, ce qui répartit les appuis et évite de faire basculer l’appareil.
Les points douloureux sont fréquents dans les premiers jours et se corrigent par une retouche au fauteuil. Portez l’appareil quelques heures avant le rendez-vous d’ajustement, afin que la zone à soulager soit visible. À la mâchoire supérieure, le recouvrement du palais atténue la perception des températures et de certaines saveurs, sensation qui s’estompe sans disparaître complètement. Une prothèse qui se met à bouger après des mois de bon fonctionnement signale le plus souvent une résorption osseuse ; le rebasage rétablit l’appui, ce qu’une colle ne fait que masquer.
Le montant d’un devis prothétique se décompose en trois postes : les honoraires du praticien, le travail du laboratoire de prothèse et le matériau employé. S’y ajoutent, selon les cas, les actes préalables comme le traitement d’une dent support, une extraction, une greffe osseuse ou un comblement de sinus, qui pèsent parfois autant que la prothèse elle-même. Deux devis portant le même intitulé peuvent donc afficher des montants très éloignés sans que l’un des deux soit faux.
Commencez par vérifier que les deux devis décrivent le même matériau et la même marque. Un implant d’entrée de gamme et un implant haut de gamme du même fabricant ne se facturent pas au même prix, et l’écart entre deux propositions traduit souvent ce seul paramètre. Les tarifs ci-dessous portent sur un implant et sa dent artificielle, en gamme intermédiaire.
| Pays | Implant et sa couronne |
|---|---|
| France | 2200€ |
| Belgique | 2700€ |
| Suisse | 2700€ |
| Espagne | 1350€ |
| Hongrie | 1080€ |
| Turquie | 675€ |
Sur les restaurations esthétiques, la dispersion tient davantage au matériau et aux honoraires du cabinet qu’au pays. Les montants suivants correspondent à des prix moyens constatés en France, à l’unité.
| Acte, à l’unité | Prix moyen en France |
|---|---|
| Couronne zircone | 700 à 900€ |
| Couronne Emax | 900 à 1300€ |
| Facette composite | 250 à 500€ |
| Facette céramique Emax | 800 à 1400€ |
| Facette Lumineers | 1000 à 1500€ |
Depuis la réforme du 100 % Santé, les actes prothétiques sont répartis en trois ensembles. Le panier 100 % Santé ne laisse aucun reste à charge lorsque le praticien est conventionné et le contrat complémentaire responsable. Le panier à tarifs maîtrisés plafonne les honoraires et laisse un reste à charge limité. Le panier à tarifs libres regroupe tout le reste, avec des montants fixés librement.
Les montants publiés pour le panier 100 % Santé sont des plafonds d’honoraires, c’est-à-dire le prix maximal que le praticien peut facturer, et non le montant que vous recevez en remboursement ; la confusion entre les deux est fréquente. Voici les principaux plafonds applicables au 1er janvier 2026 (Assurance Maladie, 2026). Pour la couronne céramo-métallique, le plafond indiqué vaut sur une incisive, une canine ou une première prémolaire.
| Acte du panier 100 % Santé | Plafond au 1er janvier 2026 |
|---|---|
| Couronne zircone monolithique | 453,20€ |
| Couronne céramo-métallique | 515€ |
| Bridge céramo-métallique, 3 dents | 1508,95€ |
| Dentier complet bimaxillaire | 2369€ |
Hors de ce panier, l’Assurance Maladie rembourse 60 % du tarif de responsabilité de l’acte, base très inférieure au prix réellement facturé pour la plupart des prothèses. Le reste dépend entièrement du niveau de votre complémentaire santé. Deux catégories restent en dehors du dispositif : l’implant lui-même, qui n’ouvre pas droit à remboursement sauf situations cliniques rares, et la facette, classée parmi les traitements esthétiques. Les exceptions applicables aux implants sont détaillées dans notre article sur le remboursement des implants dentaires.
Les prothèses amovibles en résine occupent une place à part dans cette architecture, puisqu’une large gamme d’entre elles figure dans le panier 100 % Santé, du provisoire au dentier complet définitif. Un patient édenté peut donc être appareillé sans reste à charge, à condition d’accepter les matériaux et les modèles retenus dans ce panier. Le châssis métallique, lui, relève selon les cas des tarifs maîtrisés ou libres. Cette architecture pèse lourd dans les décisions : l’appareil le moins confortable est aussi le mieux couvert, alors que le coût de la chirurgie implantaire repose entièrement sur le patient et sa complémentaire.
Toutes les prothèses ne justifient pas un déplacement. Une couronne isolée, un bridge classique ou un appareil amovible sont remboursés en France, parfois intégralement, et se posent en quelques rendez-vous rapprochés : les faire réaliser à l’étranger n’apporte pas grand-chose et complique le suivi. Le calcul change dès que le plan de traitement repose sur des implants ou sur un ensemble de facettes, actes non remboursés dont la facture se chiffre en milliers d’euros. Sur ce segment, l’écart de tarifs entre pays devient déterminant, à condition de le mettre en regard des frais de voyage, du nombre de séjours nécessaires et des modalités de suivi après le retour.
À Istanbul, une partie des cliniques dentaires fabrique ses prothèses dans un laboratoire intégré, ce qui permet d’enchaîner empreinte, essayage et retouches au cours du même séjour. Une reconstruction fixe sur implants demande deux séjours : le premier pour la chirurgie, le second, plusieurs mois plus tard, pour la prothèse définitive. Un traitement sans implant, qu’il s’agisse de couronnes, d’un bridge ou de facettes, tient généralement en un seul déplacement.
Body Expert travaille avec des cliniques partenaires sélectionnées pour leur plateau technique et l’expérience de leurs chirurgiens, et permet de réaliser jusqu’à 70 % d’économies par rapport aux tarifs français. Le séjour est organisé pour vous : hôtel 5 étoiles avec petit-déjeuner, transferts VIP entre l’aéroport, l’hôtel et la clinique, une assistante francophone qui vous suit du premier échange jusqu’au retour, et douze mois de suivi post-opératoire. Le billet d’avion, lui, n’est pas compris. Vous recevez un devis gratuit sous 24 h, sans engagement.
Un devis établi à l’étranger relève du droit du pays où les soins sont réalisés. Demandez donc par écrit ce qui ne se voit pas sur le total : la marque et la gamme des matériaux, la solution provisoire prévue entre deux étapes, et qui vous reçoit, où et dans quel délai, si une complication survient après votre retour.
Une prothèse fixe s’entretient comme une denture naturelle, avec une attention particulière portée aux zones de jonction. Le brossage seul n’atteint pas les espaces sous un bridge ni le pourtour d’un col implantaire : les brossettes interdentaires, le fil et, si votre praticien le recommande, l’hydropulseur, complètent le geste. La longévité de la restauration dépend d’abord de la santé de la gencive à ces jonctions.
Une prothèse amovible se nettoie hors de la bouche, au-dessus d’un lavabo rempli d’eau ou garni d’un gant de toilette, afin qu’une chute ne la brise pas. Le brossage se fait avec un produit non abrasif : le dentifrice raye la résine et crée des microrugosités où le biofilm s’installe. Le trempage dans une solution nettoyante complète le brossage mécanique, et l’appareil est rincé avant d’être remis en bouche. L’American College of Prosthodontists a publié en 2011 quinze recommandations fondées sur les preuves, issues d’une revue de plus de cent articles, qui couvrent l’ensemble de ces gestes ainsi que le rythme des contrôles (Felton et al., 2011).
Le port nocturne pose une question à part. La stomatite prothétique, inflammation de la muqueuse recouverte par l’appareil, touche selon les populations étudiées de 15 % à plus de 70 % des porteurs de prothèse amovible, avec une fréquence plus élevée chez les personnes âgées et chez les femmes (Gendreau & Loewy, 2011). Les facteurs identifiés sont une hygiène insuffisante, le port continu jour et nuit, l’accumulation de plaque sur l’appareil et la colonisation de sa surface par Candida albicans, favorisée par les micro-traumatismes d’une prothèse mal ajustée. Les auteurs soulignent qu’un traitement antifongique fait disparaître les symptômes, mais que ceux-ci reviennent dès son arrêt si l’appareil lui-même n’a pas été décontaminé et n’est pas entretenu ensuite. Retirer la prothèse la nuit, sauf consigne contraire de votre praticien, reste le geste de prévention le plus simple contre cette affection.
La pose elle-même ne l’est pas, parce qu’elle se déroule sous anesthésie. Un appareil amovible ne demande ni chirurgie ni anesthésie : il s’agit d’essayages et d’ajustements. Pour les prothèses fixes, toute intervention sur l’émail, la dentine, la racine, la gencive ou l’os est précédée d’une anesthésie locale adaptée à la zone traitée, à la durée prévue et à la proximité des trajets nerveux. Une sédation consciente ou, plus rarement, une anesthésie générale peut être proposée aux patients dont l’anxiété rend les soins impraticables, situation abordée dans notre article sur la peur du dentiste.
Les suites, en revanche, existent. Après la pose d’implants, un œdème et une gêne de quelques jours sont habituels et se contrôlent par les antalgiques prescrits. Après une préparation de dent pour couronne, une sensibilité au chaud et au froid peut persister quelques semaines. Après la mise en place d’un appareil amovible, les points de compression de la muqueuse appellent des retouches successives. Ces suites font partie du traitement et justifient de ne pas programmer une reconstruction lourde la veille d’un engagement important.
La durée de vie d’une prothèse s’estime à partir des taux de survie mesurés sur des groupes de patients suivis plusieurs années. Les ordres de grandeur ci-dessous proviennent des travaux cités dans cet article et des rythmes de renouvellement habituels.
| Type de prothèse | Longévité observée |
|---|---|
| Couronne céramo-métallique | 94,7 % en place à 5 ans |
| Couronne disilicate de lithium | 96,6 % en place à 5 ans |
| Couronne zircone frittée | 92,1 % en place à 5 ans |
| Appareil amovible partiel | 40 % abandonnés en 5 ans |
| Appareil amovible complet | Rebasages et renouvellement |
Trois facteurs pèsent plus que le matériau sur ces résultats. Le premier est l’hygiène, parce que la carie sur une dent support et l’inflammation autour d’un implant figurent parmi les premières causes d’échec. Le deuxième est l’occlusion : un bruxisme non traité fracture les céramiques et desserre les vis. Le troisième est la régularité des contrôles, qui permettent de remplacer une pièce de rétention usée ou de rebaser un appareil avant que le défaut d’ajustement n’abîme les tissus.
Combien de rendez-vous faut-il pour une prothèse ?
Une couronne ou un bridge demandent généralement deux à quatre séances réparties sur quelques semaines : préparation et empreinte, essayage, pose, puis contrôle. Un appareil amovible complet en demande davantage, du fait des étapes d’enregistrement des rapports entre les mâchoires et des essayages successifs. Un traitement implantaire s’étale sur plusieurs mois, à cause du délai d’ostéointégration.
Peut-on passer d’un appareil amovible à une solution fixe ?
Oui, si le volume osseux restant le permet et si l’état des dents résiduelles s’y prête. Le port prolongé d’un appareil complet s’accompagne toutefois d’une résorption de la crête, qui peut imposer une greffe préalable. Seul un examen tridimensionnel permet cette évaluation, quelle que soit l’ancienneté de l’appareil.
Une prothèse provisoire est-elle vraiment utile ?
Elle remplit trois fonctions pendant la cicatrisation : elle maintient l’espace et empêche les dents voisines de basculer, elle protège la dent préparée ou le site opératoire, et elle vous permet de manger et de parler pendant l’attente. Sa qualité conditionne aussi l’aspect de la gencive au moment de la pose définitive.
Faut-il une mutuelle spécifique pour les prothèses ?
Le panier 100 % Santé fonctionne avec tout contrat responsable et ne demande pas de garantie renforcée. Une complémentaire plus couvrante devient utile si vous choisissez des actes des paniers à tarifs maîtrisés ou libres, ou si votre plan de traitement comporte des implants, dont la prise en charge relève uniquement de forfaits contractuels.
Que faire si une prothèse se casse ou se descelle ?
Prenez rendez-vous rapidement et conservez la pièce, y compris les fragments. Une couronne descellée intacte peut souvent être rescellée, un appareil amovible fracturé peut être réparé au laboratoire. Le risque est de laisser la dent support exposée, ou de porter un appareil réparé avec un produit non prévu pour cet usage, ce qui rend la réparation professionnelle ensuite plus difficile.
Borg-Bartolo, R., Roccuzzo, A., Molinero-Mourelle, P., Schimmel, M., Gambetta-Tessini, K., Chaurasia, A., Koca-Ünsal, R. B., Tennert, C., Giacaman, R., & Campus, G. (2022). Global prevalence of edentulism and dental caries in middle-aged and elderly persons: A systematic review and meta-analysis. Journal of Dentistry, 127, 104335. https://doi.org/10.1016/j.jdent.2022.104335
Sailer, I., Makarov, N. A., Thoma, D. S., Zwahlen, M., & Pjetursson, B. E. (2015). All-ceramic or metal-ceramic tooth-supported fixed dental prostheses (FDPs)? A systematic review of the survival and complication rates. Part I: Single crowns (SCs). Dental Materials, 31(6), 603-623. https://doi.org/10.1016/j.dental.2015.02.011
Campbell, S. D., Cooper, L., Craddock, H., Hyde, T. P., Nattress, B., Pavitt, S. H., & Seymour, D. W. (2017). Removable partial dentures: The clinical need for innovation. The Journal of Prosthetic Dentistry, 118(3), 273-280. https://doi.org/10.1016/j.prosdent.2017.01.008
Felton, D., Cooper, L., Duqum, I., Minsley, G., Guckes, A., Haug, S., Meredith, P., Solie, C., Avery, D., & Deal Chandler, N. (2011). Evidence-based guidelines for the care and maintenance of complete dentures: A publication of the American College of Prosthodontists. Journal of Prosthodontics, 20(Suppl. 1), S1-S12. https://doi.org/10.1111/j.1532-849X.2010.00683.x
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