La DHT, ou dihydrotestostérone, participe à la miniaturisation des cheveux dans l’alopécie androgénétique, surtout chez l’homme. Son action dépend notamment de la sensibilité des follicules : une personne peut perdre ses cheveux avec un taux sanguin considéré comme normal. Faire baisser un résultat d’analyse n’est donc pas, à lui seul, un objectif de traitement capillaire.
Comprendre la différence entre production hormonale, sensibilité locale et croissance des cheveux aide à comparer les solutions. Certains médicaments réduisent la formation de DHT ; d’autres agissent sur les récepteurs androgéniques ou favorisent la croissance par un autre mécanisme. Ces approches n’ont ni les mêmes indications ni les mêmes risques.
La DHT est un androgène formé notamment à partir de la testostérone sous l’action de la 5-alpha-réductase. Cette enzyme est présente dans différents tissus, dont la peau, les follicules pileux et la prostate. Une partie de l’activité hormonale se déroule donc localement, au sein des tissus qui répondent aux androgènes.
La DHT joue un rôle dans le développement de certains caractères sexuels masculins et dans la pilosité. Elle n’est pas une substance étrangère à éliminer de l’organisme. La question médicale est de savoir si modifier son action peut apporter un bénéfice dans une indication précise, avec une balance bénéfice-risque acceptable.
Les follicules de différentes régions ne réagissent pas tous de la même manière aux androgènes. Ces hormones peuvent favoriser le développement de poils plus épais dans certaines zones, tout en contribuant à la miniaturisation des cheveux dans un cuir chevelu prédisposé. La revue de Randall (2008) décrit ce caractère local de la réponse folliculaire.
Cela explique pourquoi une barbe fournie peut coexister avec une calvitie. L’aspect de la barbe ou des cheveux ne permet pas de déduire précisément un taux hormonal, et encore moins de choisir seul un médicament.
Dans les follicules sensibles, la liaison de la DHT au récepteur des androgènes modifie des signaux cellulaires qui participent à la croissance. Au fil des cycles, la phase de croissance peut se raccourcir et le follicule produire une fibre plus fine, plus courte et moins couvrante. C’est la miniaturisation folliculaire.
Le renouvellement ne s’arrête pas forcément dès les premiers signes. Une chevelure peut perdre du volume parce que les nouveaux cheveux sont plus fins, même sans chute massive. Dans les formes avancées, obtenir une amélioration visible devient plus difficile ; la réponse aux traitements dépend des follicules encore présents et de l’étendue du dégarnissement.
Chez l’homme, les golfes, la ligne frontale et le sommet sont des régions souvent concernées. L’arrière et les côtés peuvent rester mieux conservés, sans constituer une réserve automatiquement utilisable chez tous les patients.
Chez la femme, l’éclaircissement est souvent plus diffus sur le dessus du crâne. Les mécanismes de l’alopécie de type féminin ne se résument toutefois pas à un excès de DHT. Pour les signes, le diagnostic et le suivi de la maladie elle-même, le dossier sur l’alopécie androgénétique apporte les repères complémentaires.
L’histoire familiale compte, mais la prédisposition implique plusieurs facteurs génétiques. Elle peut venir du côté maternel comme du côté paternel. Un seul gène ou la calvitie d’un grand-parent ne suffit pas à prévoir votre future chevelure.
L’activité des enzymes, les récepteurs androgéniques et la réponse des cellules folliculaires participent au mécanisme local. Deux personnes présentant des taux sanguins proches peuvent donc avoir des chevelures très différentes. Le médecin tient compte de l’aspect et de l’évolution des cheveux, pas seulement d’un chiffre biologique.
Une chute peut aussi avoir plusieurs composantes. Un effluvium télogène après une maladie ou une carence peut rendre plus visible un dégarnissement androgénétique. Cela ne transforme pas toutes les causes de chute en problème de DHT.
Un syndrome des ovaires polykystiques ou un autre trouble hormonal peut s’accompagner d’un excès d’androgènes. En présence de règles irrégulières, de pilosité inhabituelle ou d’autres signes associés, une évaluation médicale peut être indiquée. L’éclaircissement capillaire seul ne permet pas d’identifier la cause hormonale.
La ménopause peut coïncider avec une modification de densité, mais elle ne justifie pas automatiquement un traitement qui bloque les androgènes. Le diagnostic, les autres maladies possibles et un éventuel projet de grossesse orientent la prise en charge.
Un dosage sanguin isolé ne confirme ni n’exclut une alopécie androgénétique. Dans une petite étude de 49 personnes, Urysiak-Czubatka et al. (2014) n’ont pas observé de corrélation entre la concentration sérique de DHT et l’avancement de l’alopécie. Des valeurs élevées existaient aussi chez des témoins sans chute. La taille de l’étude limite sa portée, mais ses résultats illustrent pourquoi le taux sanguin ne remplace pas l’examen des cheveux.
Les intervalles de référence varient selon le laboratoire, la méthode et le contexte. Il n’existe pas une cible universelle de DHT à atteindre pour faire repousser les cheveux. Si une analyse a été prescrite, le médecin l’interprète avec les autres résultats et les symptômes.
L’examen clinique et la trichoscopie permettent notamment de rechercher une miniaturisation et sa répartition. Une chute en plaques, des squames, une douleur ou une inflammation demandent une autre démarche diagnostique. Avant d’acheter un « bloqueur de DHT », il faut savoir quelle perte de cheveux est réellement présente.
Le terme « bloqueur de DHT » est utilisé pour des produits très différents. Il peut désigner un médicament qui réduit sa formation, un antiandrogène agissant sur ses récepteurs ou un complément dont l’effet clinique est moins établi. Le nom commercial ne suffit pas pour les comparer.
| Approche | Limite à connaître |
|---|---|
| Inhibiteur de la 5-alpha-réductase | Prescription, effets indésirables |
| Antiandrogène (récepteur) | Sélection médicale spécifique |
| Minoxidil | N’est pas un bloqueur direct |
| Complément « anti-DHT » | Preuve et sécurité à vérifier |
Le finastéride inhibe principalement la 5-alpha-réductase de type II. Le dutastéride agit sur les types I et II. Une inhibition plus importante de l’enzyme ne signifie pas automatiquement un meilleur choix pour chaque patient : l’indication, l’exposition au médicament et les risques doivent être pris en compte.
Les flacons photographiés portent la mention 5 mg. Cette illustration ne constitue pas une consigne de dosage : la forme orale indiquée contre la calvitie masculine est dosée à 1 mg.
Le finastéride oral à 1 mg est utilisé chez certains hommes atteints d’alopécie androgénétique. Il peut ralentir la progression et favoriser une amélioration de densité, avec une réponse variable et un bénéfice qui demande généralement un traitement poursuivi. Les indications du dutastéride pour la prostate ne doivent pas être confondues avec une autorisation pour traiter la chute de cheveux ; son utilisation capillaire en France relève d’une discussion médicale hors AMM.
Les risques du finastéride comprennent des effets sexuels et psychiatriques. Certains effets sexuels peuvent persister après l’arrêt. En cas de changement d’humeur, de dépression ou d’idées suicidaires sous finastéride 1 mg, arrêtez le traitement et consultez rapidement, comme le recommande l’ANSM. En France, une attestation annuelle d’information partagée accompagne désormais l’ordonnance pour sa délivrance.
Une formulation cutanée de finastéride est autorisée en France : FINCREZO, pour certaines calvities masculines légères à modérées chez les hommes de 18 à 41 ans. Ce traitement sur ordonnance possède ses propres précautions : les femmes enceintes ou susceptibles de le devenir, les enfants et les adolescents doivent éviter tout contact avec le produit, le cuir chevelu traité ou les surfaces exposées. Il ne doit pas être assimilé à n’importe quelle préparation vendue sur internet.
Dans l’essai de Piraccini et al. (2022), le spray étudié a amélioré le nombre de cheveux dans la zone mesurée par rapport au placebo après 24 semaines. L’exposition sanguine était plus faible que sous la forme orale, mais la DHT sérique diminuait également. Une application locale ne signifie donc pas une absence de passage dans le sang ou de risque systémique. Le suivi limité à 24 semaines ne permet pas de conclure sur tous les effets rares ou tardifs.
La spironolactone peut être discutée par un spécialiste dans certaines alopécies féminines. Elle agit notamment sur les effets des androgènes, avec des précautions liées au contexte médical, à la tension, à la fonction rénale, au potassium et à la grossesse. Ce n’est pas un complément capillaire à essayer sans prescription.
D’autres molécules ou solutions locales sont proposées comme antagonistes des récepteurs. Leurs niveaux de preuve et leurs statuts varient. Avant de choisir un produit, demandez si son efficacité a été évaluée chez des personnes présentant le même diagnostic, et si les risques ont été étudiés sur une durée suffisante.
Oui. Le minoxidil agit sur la croissance folliculaire par des mécanismes différents et ne doit pas être présenté comme un inhibiteur direct de la DHT. Il peut être utilisé dans certaines formes d’alopécie androgénétique, seul ou dans une stratégie associée décidée avec le médecin.
Cette distinction évite de juger son effet sur un dosage hormonal. La réponse se mesure plutôt par l’évolution de la densité et des photographies comparables, tout en surveillant la tolérance. Associer des produits ne dispense pas de vérifier leurs indications et leurs interactions.
Le PRP est également étudié comme traitement complémentaire de certaines alopécies androgénétiques. Il utilise un produit préparé à partir du sang du patient, injecté dans le cuir chevelu. Ses résultats ne prouvent pas qu’il neutralise la DHT chez tous les patients.
Les dispositifs de lumière de faible intensité suivent une autre approche encore. Leurs protocoles, comme ceux du PRP, sont hétérogènes dans les études. La revue de Kaiser et al. (2023) rapporte des résultats encourageants pour certaines modalités, tout en soulignant le besoin de données et de protocoles mieux standardisés. Aucun de ces traitements ne fournit une garantie universelle de repousse.
Une alimentation équilibrée peut contribuer à la santé générale des cheveux. Corriger un déficit avéré est différent de chercher à modifier son taux de DHT par une liste d’aliments. Une supplémentation systématique ne traite pas à elle seule la miniaturisation androgénétique.
Le palmier nain, les graines de courge ou certains extraits végétaux sont fréquemment présentés comme « anti-DHT ». Un effet observé sur une enzyme en laboratoire ne démontre pas automatiquement qu’une gélule ou un shampoing fera repousser les cheveux chez l’être humain. Il faut examiner la formulation, la dose, le comparateur et les résultats cliniques du produit étudié.
L’absence d’ordonnance ne garantit pas l’absence d’effets indésirables ou d’interactions. Signalez les compléments à votre médecin, en particulier en cas de traitement hormonal, d’anticoagulant ou de grossesse. Une promesse de diminution hormonale sans aucun effet général doit être examinée avec prudence.
La greffe de cheveux déplace des follicules sélectionnés dans une région donneuse mieux conservée. Elle ne modifie pas génétiquement les cheveux et ne bloque pas la DHT dans l’organisme.
Les follicules transplantés gardent des caractéristiques de leur région d’origine. Le choix d’une zone donneuse suffisamment stable est donc important. Cette stabilité doit être évaluée ; tous les cheveux de l’arrière de la tête ne sont pas automatiquement utilisables chez tous les patients.
Les cheveux naturels autour des implants peuvent continuer à s’affiner. Le plan doit anticiper cette évolution et discuter, lorsque cela est indiqué, une prise en charge médicale associée. L’objectif chirurgical et le traitement de la maladie de fond sont complémentaires, avec des limites différentes.
Apportez les résultats d’analyses déjà disponibles, vos anciennes photographies et la liste de vos traitements. Demandez quel diagnostic explique la chute, quelles régions présentent une miniaturisation et comment l’évolution sera mesurée. Un chiffre hormonal peut contribuer au dossier, mais ne doit pas remplacer ces réponses.
Si vous envisagez un parcours avec Body Expert, les échanges initiaux et les photographies permettent de préparer l’évaluation. L’aptitude à une intervention et les adaptations médicamenteuses relèvent de l’équipe médicale. Une photo seule ne permet pas d’exclure toutes les maladies du cuir chevelu.
Le suivi postopératoire proposé par Body Expert s’étend sur 12 mois. Faites préciser les modalités de contact après le retour et le rôle de votre médecin pour les traitements au long cours. Le contrôle de l’alopécie androgénétique peut nécessiter un suivi au-delà de la récupération chirurgicale.
Les photographies de résultats peuvent aider à comprendre les possibilités d’une greffe, sans prédire votre réponse à un médicament ou à l’intervention. Pour décider, demandez un objectif réaliste, un délai d’évaluation et une conduite à tenir si la chute progresse ou si un effet indésirable apparaît.
Randall, V. A. (2008). Androgens and hair growth. Dermatologic Therapy, 21(5), 314–328. https://doi.org/10.1111/j.1529-8019.2008.00214.x
Urysiak-Czubatka, I., Kmieć, M. L., & Broniarczyk-Dyła, G. (2014). Assessment of the usefulness of dihydrotestosterone in the diagnostics of patients with androgenetic alopecia. Advances in Dermatology and Allergology, 31(4), 207–215. https://doi.org/10.5114/pdia.2014.40925
Piraccini, B. M., Blume-Peytavi, U., Scarci, F., Jansat, J. M., Falqués, M., Otero, R., Tamarit, M. L., Galván, J., Tebbs, V., Massana, E., & Topical Finasteride Study Group. (2022). Efficacy and safety of topical finasteride spray solution for male androgenetic alopecia: A phase III, randomized, controlled clinical trial. Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, 36(2), 286–294. https://doi.org/10.1111/jdv.17738
Kaiser, M., Abdin, R., Gaumond, S. I., Issa, N. T., & Jimenez, J. J. (2023). Treatment of androgenetic alopecia: Current guidance and unmet needs. Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 16, 1387–1406. https://doi.org/10.2147/CCID.S385861
True, R. H. (2021). Is every patient of hair loss a candidate for hair transplant?—Deciding surgical candidacy in pattern hair loss. Indian Journal of Plastic Surgery, 54(4), 435–440. https://doi.org/10.1055/s-0041-1739247
Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. (2026, 5 février). Information pour les patients traités par finastéride 1 mg. Site de l’ANSM.
Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. (2024, 22 juillet). FINCREZO 2,275 mg/mL, solution pour pulvérisation cutanée : résumé des caractéristiques du produit. Base de données publique des médicaments.
Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. (2026, 26 mars). DUTASTERIDE BGR 0,5 mg, capsule molle : résumé des caractéristiques du produit. Base de données publique des médicaments.
Almohanna, H. M., Ahmed, A. A., Tsatalis, J. P., & Tosti, A. (2019). The role of vitamins and minerals in hair loss: A review. Dermatology and Therapy, 9(1), 51–70. Consulter la source