Lorsqu’un homme découvre qu’il perd ses cheveux, il a besoin de savoir si sa calvitie naissante va évoluer, et comment. Pour décrire son état actuel, dermatologues et spécialistes capillaires s’appuient sur une graduation de l’alopécie, appelée l’échelle de Norwood-Hamilton. Celle-ci permet de classer le stade d’avancée de la chute de cheveux, sans prédire à elle seule la suite, et ainsi de mieux discuter les solutions pour y pallier. Cependant, l’échelle de Norwood-Hamilton se réfère principalement à la calvitie masculine. Pour l’alopécie féminine, les spécialistes utilisent notamment l’échelle de Ludwig. Alter-ego de l’échelle de Norwood-Hamilton, l’échelle de Ludwig permet de décrire la sévérité de la calvitie chez les femmes (Gupta & Mysore, 2016).
L’échelle de Norwood-Hamilton, appelée aussi échelle de Hamilton-Norwood ou échelle de Norwood, est un système de graduation de l’alopécie masculine, permettant de décrire la répartition de la perte de cheveux et d’en suivre l’évolution lors d’examens successifs. Cette échelle schématique a été créée dans les années 1950 par James B. Hamilton, docteur américain, spécialiste de l’anatomie humaine et chercheur dans le domaine hormonal masculin. Elle a ensuite été actualisée dans les années 1970 par un autre docteur américain, O’tar Norwood, à la lumière de l’évolution de la recherche médicale. Utilisée pour classer l’alopécie androgénétique, sans remplacer le diagnostic médical, elle est aujourd’hui utilisée partout dans le monde par les spécialistes de la calvitie masculine et de la greffe de cheveux. Elle comporte 7 stades ou étapes, depuis une toison capillaire normale et complète, jusqu’à une calvitie avancée du dessus du crâne.
Le montage en tête d’article numérote huit exemples visuels. Il n’existe pas de huitième stade standard : la classification de Norwood compte sept stades principaux et des variantes. Les photographies et schémas sont illustratifs ; ils ne suffisent pas à attribuer un stade à une personne (Gupta & Mysore, 2016).
Les sept stades de l’échelle de Norwood-Hamilton permettent de mesurer la gravité de l’alopécie androgénétique (la plus courante chez les hommes) d’un patient, sans prédire à elle seule son évolution future. Ils contribuent à la discussion du traitement, mais ne permettent pas de le choisir à eux seuls. Cette échelle peut être utilisée pour différentes textures, dont les cheveux crépus, mais elle ne décrit pas toutes les formes de perte de cheveux ; la classification de Norwood a été étudiée initialement chez 1 000 hommes blancs adultes (Norwood, 1975 ; Gupta & Mysore, 2016).
Le premier stade correspond à une ligne frontale sans recul ou avec un recul minime ; il n’est pas réservé à l’adolescence. Certains hommes ont une ligne frontale haute, d’autres plus basse sur le front, sans que cette hauteur suffise à diagnostiquer une calvitie naissante (Gupta & Mysore, 2016).
Le second stade de l’échelle de Norwood est défini par un léger recul, généralement symétrique et triangulaire, des golfes temporaux. Ce stade peut correspondre à une ligne frontale mature ; il n’est pas défini par un recul universel de 1 à 2 cm ni par une perte de cheveux au vertex (Gupta & Mysore, 2016). À ce stade, une greffe ne se décide pas sur le seul numéro : la stabilité de la chute, l’âge, la réserve donneuse et l’évolution probable doivent être évalués. Le minoxidil et le finastéride ont une efficacité documentée, avec des précautions et effets indésirables à discuter avec un médecin ; leurs bénéfices nécessitent généralement un traitement continu. Les huiles naturelles ne constituent pas un remplacement dont l’efficacité serait équivalente (Gupta et al., 2022 ; Goldin et al., 2025).
Le stade 3 correspond à un recul profond des golfes temporaux, devenus nus ou peu couverts. La variante 3 vertex se distingue par une perte prédominant au sommet du crâne (Gupta & Mysore, 2016). A ce stade, un traitement PRP, de même qu’un traitement au laser, peuvent être discutés selon l’examen, avec une réponse variable ; leur indication ne découle pas du seul stade. C’est aussi un stade où peut s’envisager une première greffe de cheveux partielle chez un patient bien sélectionné (Goldin et al., 2025).
Cette variante correspond à une perte de cheveux prédominant au vertex, tandis que le recul frontal ne dépasse pas celui du stade 3 ; il n’est donc pas nécessairement identique au stade 2 (Gupta & Mysore, 2016).
Dans la variante 3A, la ligne frontale recule vers l’arrière sans laisser d’îlot central de cheveux et sans apparition simultanée d’une zone chauve distincte au vertex. Le recul frontal se situe entre les limites définies pour le type 2A et le niveau des oreilles (Gupta & Mysore, 2016). A ce stade, un traitement PRP, de même qu’un traitement au laser, peuvent être discutés selon le diagnostic et les cheveux restants, sans effet garanti.
À ce stade, le recul frontal et la perte au vertex sont plus marqués. Ces deux zones restent séparées par une bande de cheveux qui traverse le sommet du crâne (Gupta & Mysore, 2016).
Au stade 5, la calvitie est très avancée, mais il reste des cheveux sur les côtés et à l’arrière. Une bande de cheveux plus étroite et moins dense qu’au stade 4 demeure sur le dessus du crâne, reliant les deux côtés et séparant encore le front du vertex (Gupta & Mysore, 2016).
Au stade six, la bande séparant les régions frontale et du vertex a disparu, réunissant les zones dégarnies ; quelques cheveux clairsemés peuvent subsister. Il reste une frange de cheveux sur les côtés et à l’arrière du crâne (Gupta & Mysore, 2016). Cette zone arrière, ou occiput, est généralement plus résistante à l’alopécie androgénétique. Elle sert d’ailleurs généralement de zone donneuse pour la greffe de cheveux, d’où les follicules sont extraits pour être transplantés sur la zone receveuse.
C’est le stade le plus avancé de la calvitie masculine. Le dessus de la tête est très largement dégarni, mais il reste une couronne étroite en fer à cheval à l’arrière et sur les côtés, souvent peu dense et composée de cheveux plus fins (Gupta & Mysore, 2016).
Une greffe peut être envisagée dès le stade 3 chez certains patients, mais l’indication dépend de la stabilité de la calvitie, de la réserve donneuse, de l’âge et du projet de restauration. Le stade 4 n’est pas un seuil obligatoire. Aux stades avancés, la surface à couvrir peut dépasser les possibilités de la zone donneuse (Goldin et al., 2025).
Cependant, il peut être nécessaire de procéder, quelques années plus tard, à une seconde greffe, en fonction de la progression du dégarnissement. Une greffe de cheveux FUE peut être discutée aux stades 5 ou 6, avec un objectif de couverture adapté à la réserve donneuse. Lorsque le niveau de couverture capillaire atteint le stade 7, une greffe peut être possible chez certains patients, mais une réserve donneuse insuffisante peut la limiter ou la contre-indiquer ; une densité complète ne peut être promise. Dans tous les cas, la réussite d’une greffe de cheveux dépend notamment de la sélection du patient, de la technique et du suivi des recommandations et soins post-opératoires ; aucun de ces éléments ne garantit seul le résultat.
Goldin, J., Zito, P. M., & Raggio, B. S. (2025). Hair transplantation. In StatPearls. StatPearls Publishing. NCBI Bookshelf.
Gupta, A. K., Venkataraman, M., Talukder, M., & Bamimore, M. A. (2022). Relative efficacy of minoxidil and the 5-α reductase inhibitors in androgenetic alopecia treatment of male patients: A network meta-analysis. JAMA Dermatology, 158(3), 266–274. https://doi.org/10.1001/jamadermatol.2021.5743
Gupta, M., & Mysore, V. (2016). Classifications of patterned hair loss: A review. Journal of Cutaneous and Aesthetic Surgery, 9(1), 3–12. https://doi.org/10.4103/0974-2077.178536
Hamilton, J. B. (1951). Patterned loss of hair in man; types and incidence. Annals of the New York Academy of Sciences, 53(3), 708–728. https://doi.org/10.1111/j.1749-6632.1951.tb31971.x
Norwood, O. T. (1975). Male pattern baldness: Classification and incidence. Southern Medical Journal, 68(11), 1359–1365. https://doi.org/10.1097/00007611-197511000-00009