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4 octobre 2026
Équipe Body Expert
13 min de lecture

Greffe de cheveux avec une arythmie : fibrillation atriale, anticoagulant ou pacemaker

Un professionnel en blouse blanche remplit un formulaire face à une personne aux mains jointes, avec un stéthoscope sur le bureau.

Un trouble du rythme cardiaque n’exclut pas d’office une greffe de cheveux. La faisabilité dépend de trois éléments : la nature de l’arythmie, sa stabilité au cours des derniers mois et la façon dont elle est traitée, qu’il s’agisse d’un anticoagulant, d’un médicament qui ralentit le cœur ou d’un appareil implanté. Votre cardiologue évalue ces points, puis le chirurgien décide si l’intervention peut être programmée et dans quelles conditions.

Chez Body Expert, une personne atteinte d’une arythmie qui envisage une greffe de cheveux en Turquie transmet, avec les photos de son cuir chevelu, le dernier compte rendu de son cardiologue et la liste de ses traitements. Le chirurgien de notre clinique partenaire à Istanbul lit ces documents avant de proposer une date, et il peut demander un examen récent ou un avis écrit complémentaire.

L’intervention se fait sous anesthésie locale, sans vous endormir, mais elle occupe une bonne partie de la journée et demande des injections répétées. Pour un patient arythmique, la préparation porte sur quatre points réglés avant le départ : la solution anesthésique et sa teneur en adrénaline, la surveillance pendant la séance, la conduite à tenir avec un éventuel anticoagulant et, si vous en portez un, la gestion de votre stimulateur ou de votre défibrillateur.

 

Quels troubles du rythme sont concernés ?

Une arythmie désigne un cœur qui bat trop vite, trop lentement ou de façon irrégulière, en raison d’une anomalie de son activité électrique. Ce mot recouvre des situations très différentes, des accès de palpitations brefs jusqu’aux troubles qui imposent un appareil implanté, et la préparation d’une greffe varie en conséquence.

Parmi ces troubles, la fibrillation atriale, aussi appelée fibrillation auriculaire, demande une attention particulière. Les oreillettes s’y contractent de façon désordonnée, le sang y stagne et des caillots peuvent se former puis migrer vers le cerveau, avec un risque d’accident vasculaire cérébral. Elle peut survenir par crises ou devenir permanente, et son traitement comporte parfois un anticoagulant destiné à prévenir ces caillots.

Le flutter et les tachycardies supraventriculaires se manifestent quant à eux par des accès de cœur rapide. Un cœur trop lent, lié par exemple à un bloc de la conduction électrique entre oreillettes et ventricules, se traite par un stimulateur cardiaque ou pacemaker, tandis qu’un défibrillateur implantable protège contre les arythmies ventriculaires qui menacent la vie.

Les extrasystoles isolées, ces battements prématurés ressentis comme un à-coup dans la poitrine, font l’objet d’un article à part sur les extrasystoles et la greffe de cheveux. Le tableau ci-dessous résume ce que l’équipe médicale regarde en priorité selon votre situation.

Situation Point examiné en priorité
Fibrillation atriale Stabilité et anticoagulant
Flutter, tachycardie Date de la dernière crise
Stimulateur cardiaque Date du dernier contrôle
Défibrillateur implantable Gestion pendant la séance
Arythmie en cours de bilan Diagnostic avant toute date

Stabilité du rythme : ce que votre cardiologue vérifie

Le cardiologue qui vous suit connaît l’histoire de votre trouble, vos crises passées et vos traitements, ce qui le place en première ligne pour juger de sa stabilité. Il s’appuie au minimum sur un électrocardiogramme (ECG) récent, l’examen de base pour détecter un trouble du rythme. Lorsque les épisodes sont brefs ou intermittents, un tracé de quelques minutes peut ne rien montrer : il prescrit alors un Holter, un petit enregistreur porté sur 24 heures pendant vos activités habituelles.

Selon votre situation, d’autres examens complètent ce bilan, comme une échographie du cœur. Le chirurgien attend surtout la conclusion sous forme d’un courrier daté, qui précise le diagnostic, la date de la dernière crise, les traitements en cours avec leurs doses et l’avis du cardiologue sur l’intervention, y compris sur l’adrénaline de l’anesthésie locale et sur la gestion de l’anticoagulant. C’est sur ces documents qu’il juge de la faisabilité, avant tout engagement de votre part.

Patient allongé sur une table d’examen, avec des électrodes sur le thorax reliées à un électrocardiographe.

Un ECG peut aussi révéler une arythmie jusque-là ignorée, par exemple lors d’un bilan préopératoire, car certaines fibrillations atriales ne donnent aucun symptôme. Une anomalie découverte de cette façon est explorée en premier, et le projet de greffe reprend une fois le diagnostic posé et le traitement ajusté. Le rythme cardiaque n’est d’ailleurs qu’un des critères de ce tri médical, qui couvre l’ensemble des contre-indications médicales d’une greffe de cheveux.

Dans quelles situations faut-il reporter l’intervention ?

Une greffe de cheveux se programme sans caractère d’urgence, et rien n’oblige à maintenir une date tant que le rythme n’est pas maîtrisé. Le report s’impose lorsque l’arythmie vient d’être découverte sans avoir été explorée, lorsque des crises sont revenues récemment ou lorsqu’un traitement vient d’être modifié.

Il en va de même après une cardioversion ou une ablation, tant que le contrôle prévu par votre cardiologue n’a pas eu lieu. Une perte de connaissance ou un malaise inexpliqués, une conduite à tenir encore floue pour l’anticoagulant ou un appareil implanté dont le contrôle n’est pas à jour conduisent aussi à décaler l’intervention.

Un professionnel de santé en blouse blanche tend une feuille à une personne, au-dessus d’un dossier posé sur le bureau.

Pendant ce report, votre cardiologue stabilise le traitement, un nouvel ECG ou un Holter vérifie ensuite que les crises sont contrôlées, et un courrier mis à jour permet au chirurgien de réexaminer votre demande. Le choix du moment fait partie de la préparation qui réduit le risque, au même titre que les vérifications détaillées dans notre article sur les risques réels d’une greffe de cheveux en Turquie.

Adrénaline et lidocaïne : ce que disent les études pour un cœur arythmique

Pour un patient arythmique, l’anesthésie locale soulève deux questions : l’effet de l’adrénaline, souvent ajoutée à un anesthésique tel que la lidocaïne, et la quantité de produit absorbée au fil d’une longue séance. L’adrénaline resserre les petits vaisseaux, ce qui réduit le saignement et retient plus longtemps l’anesthésique au point d’injection, mais la fraction absorbée stimule le cœur et peut l’accélérer. Le déroulé des injections et ce qui les rend plus supportables sont exposés dans notre article sur l’anesthésie de la greffe de cheveux.

Un essai randomisé publié en 2020 a mesuré cet effet sous Holter chez 102 patients opérés de la main sous anesthésie locale, avec ou sans adrénaline. Aucune arythmie majeure, ni fibrillation atriale ni tachycardie ou fibrillation ventriculaire, n’a été enregistrée, et les arythmies mineures, comme des extrasystoles ou une tachycardie atriale, relevées chez 66,6% des patients, ne différaient pas significativement entre les deux groupes. Dans le groupe adrénaline, une accélération du rythme sinusal pendant l’injection a été notée chez 2% des patients, sans qu’aucun traitement soit nécessaire.

Les patients ayant un antécédent d’arythmie avaient toutefois été exclus de cet essai, si bien que ce résultat rassurant ne se transpose pas tel quel à votre situation. La quantité absorbée compte également : chez huit volontaires en bonne santé, sans chirurgie, la lidocaïne d’une solution diluée injectée sous la peau du cou atteignait sa concentration maximale dans le sang en moyenne 5,8 heures après l’injection, contre 12 heures aux cuisses. Les auteurs mettent en garde contre la superposition des courbes d’absorption lorsqu’une injection au-dessus des clavicules vient s’ajouter à une injection faite plus tôt.

Le cuir chevelu, situé lui aussi au-dessus des clavicules, reçoit pendant plusieurs heures des injections renouvelées entre la zone donneuse et la zone receveuse. Demandez au chirurgien quelle concentration d’adrénaline il prévoit, s’il peut la réduire ou ralentir les injections, et comment la dose cumulée de la journée est suivie, puis transmettez ses réponses à votre cardiologue. Une douleur ressentie pendant la séance se signale immédiatement, afin que l’équipe vérifie l’anesthésie et l’adapte.

Fibrillation atriale sous anticoagulant : ce qui change pour la greffe

Dans la fibrillation atriale, l’anticoagulant empêche la formation de caillots dans le cœur et réduit ainsi le risque d’accident vasculaire cérébral. Il expose en contrepartie à des saignements, et l’Assurance Maladie demande de signaler ce traitement à tout professionnel de santé consulté, chirurgien compris.

La greffe multiplie les petites incisions dans la zone donneuse comme dans la zone receveuse, alors qu’une interruption du traitement retirerait au cœur sa protection contre les caillots. Le médecin qui a prescrit l’anticoagulant, en général votre cardiologue, tranche entre ces deux risques avec le chirurgien, et l’article consacré à l’aspirine et aux anticoagulants avant une greffe de cheveux explique comment se prend cette décision et quel plan écrit obtenir avant le départ.

Cet anticoagulant ne s’interrompt jamais de votre propre chef, même quelques jours, et il figure dès votre première demande dans la liste de vos traitements. Les médicaments qui ralentissent le cœur, comme les bêtabloquants, et les antiarythmiques ne s’arrêtent pas davantage sans l’accord de votre cardiologue.

Une personne en tenue médicale écrit dans un carnet, avec un stéthoscope autour du cou et un bocal de gélules sur le bureau.

Stimulateur cardiaque ou défibrillateur : les précautions propres

Un stimulateur cardiaque corrige un cœur trop lent en envoyant des impulsions électriques, tandis qu’un défibrillateur automatique implantable surveille le rythme et délivre au besoin un choc pour interrompre une arythmie ventriculaire grave. La présence de l’un de ces appareils se prépare autour de deux questions : l’état du dispositif et les interférences possibles pendant l’intervention.

L’enjeu principal tient aux interférences électromagnétiques, produites notamment par les bistouris électriques. Un stimulateur peut prendre ces signaux pour une activité du cœur et cesser de stimuler, et un défibrillateur peut les interpréter comme une arythmie et délivrer un choc injustifié. Une revue publiée en 2024 précise que le risque dépend surtout de la distance entre la zone opérée et le boîtier ou ses sondes, ainsi que du trajet du courant : le mode bipolaire, utilisé à distance de l’appareil, expose moins que le mode monopolaire.

Demandez avant le départ si un appareil de coagulation électrique peut être utilisé pendant votre séance, et transmettez la réponse au centre qui suit votre dispositif. La même revue conseille de contrôler l’appareil avant une intervention lorsque le dernier contrôle remonte à plus de 12 mois pour un stimulateur et à plus de 6 mois pour un défibrillateur. Joignez à votre dossier la carte du dispositif, qui précise son type, ses sondes et sa date d’implantation, ainsi que le compte rendu du dernier contrôle.

Pour un défibrillateur, la fonction de choc est parfois suspendue pendant une intervention exposée aux interférences, à l’aide d’un aimant ou d’une reprogrammation. Selon la même revue, cette suspension impose une surveillance continue du rythme, puis une réactivation par l’équipe qui suit l’appareil dès la fin de l’intervention : si elle est envisagée, vérifiez avant le départ, avec cette équipe et le chirurgien, que ces conditions seront réunies. Pour le voyage, l’Assurance Maladie conseille aux porteurs d’un stimulateur ou d’un défibrillateur de garder leur carte sur eux et de demander une fouille manuelle aux contrôles de l’aéroport, sans s’attarder près des portiques de détection.

Surveillance du rythme pendant la séance et au retour

Signalez dès votre arrivée à la clinique toute crise survenue depuis l’envoi de votre dossier, même brève, ainsi qu’une prise oubliée, car ces informations peuvent modifier la décision du jour. Vos médicaments du matin se prennent selon les consignes écrites de votre cardiologue et de l’équipe, et vous apportez leurs boîtes avec l’ordonnance.

Une personne tient une gélule et deux comprimés dans sa paume, avec un verre d’eau dans l’autre main.

L’essai de 2020 jugeait inutile un enregistrement ECG systématique chez les opérés de la main sans antécédent d’arythmie, et c’est précisément votre antécédent qui justifie de demander, avant le départ, comment votre rythme sera suivi pendant la séance et qui décide d’une pause si une crise survient. Pour les formuler, appuyez-vous sur la durée prévue et sur les étapes de l’intervention, du prélèvement à l’implantation, exposées pas à pas dans notre guide détaillé de la greffe de cheveux.

Prévenez immédiatement l’équipe si vous ressentez des palpitations inhabituelles, une gêne dans la poitrine, un essoufflement, des vertiges ou un malaise, ou si votre défibrillateur délivre un choc. Si une sédation est envisagée en plus de l’anesthésie locale, elle se discute à l’avance, car elle modifie la surveillance et votre capacité à signaler ces symptômes.

Après le retour, l’Assurance Maladie demande d’appeler le 15, ou le 112 depuis un portable, si des palpitations s’accompagnent d’une douleur ou d’une oppression dans la poitrine, ou si des symptômes d’accident vasculaire cérébral apparaissent. Des palpitations inhabituelles ou d’apparition récente, sans ces signes, justifient de consulter votre médecin traitant.

Un homme en veste bleue tient un téléphone contre son oreille et lève la main libre près d’une fenêtre.

Un traitement du rythme peut-il jouer sur la chute de cheveux ?

Certains médicaments cardiovasculaires figurent parmi les causes possibles d’effluvium télogène, une chute diffuse due au passage simultané de nombreux cheveux en phase de repos. Une revue de la littérature publiée en 2020 cite notamment les bêtabloquants, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion et l’héparine, et indique que la chute apparaît en général environ trois mois après le début du traitement, un changement de dose pouvant aussi la déclencher.

Cette chute se distingue de l’alopécie androgénétique, qui dégarnit progressivement les tempes et le sommet du crâne et que la greffe traite en déplaçant des follicules prélevés à l’arrière de la tête. Si votre perte de cheveux s’est accélérée quelques mois après l’instauration ou l’ajustement d’un traitement cardiaque, signalez-le au chirurgien : un effluvium aigu régresse dans la grande majorité des cas, ce qui rendrait une greffe prématurée.

Ce constat ne justifie pas d’arrêter votre bêtabloquant ou votre anticoagulant, car seul votre cardiologue peut juger s’il existe une alternative adaptée à votre cœur. La décision de greffer se prend une fois le mécanisme de la chute établi.

Votre greffe à Istanbul, du premier dossier au retour

Votre dossier, photos du cuir chevelu et documents cardiaques réunis, nous parvient à distance. Notre équipe vous répond par un devis gratuit sous 24h, sans engagement, tandis que le chirurgien signale s’il lui manque un examen. Mieux vaut régler les questions d’anesthésie, d’anticoagulant et de réglage du boîtier avant de réserver votre vol.

À Istanbul, chaque trajet entre l’aéroport, la clinique et votre hôtel 5 étoiles se fait en transfert VIP. Votre assistante francophone, présente tout au long du séjour, doit être informée dès l’accueil de votre trouble du rythme. L’Assurance Maladie conseille aux personnes atteintes d’un trouble du rythme de demander l’avis de leur médecin avant tout projet de voyage : cette consultation permet aussi de caler l’horaire de vos prises, le décalage avec Paris étant de deux heures en hiver et d’une heure en été.

Les étapes du séjour, de l’intervention aux premiers soins et au vol retour, s’enchaînent selon le programme type d’une greffe de cheveux à Istanbul. Une fois chez vous, la cicatrisation puis la repousse s’évaluent sur les photos que vous adressez à l’équipe, chargée du suivi post-opératoire de 12 mois à distance. Remettez aussi au cardiologue ou au centre qui suit votre appareil le compte rendu de la séance, surtout si une crise est survenue ou si la fonction de choc a été suspendue, afin qu’il juge de l’utilité d’un contrôle.

Valise entrouverte, passeport et portefeuille sur une table, devant une fenêtre donnant sur des dômes et des minarets.

Sources

Asghar, F., Shamim, N., Farooque, U., Sheikh, H., & Aqeel, R. (2020). Telogen effluvium: A review of the literature. Cureus, 12(5), e8320. https://doi.org/10.7759/cureus.8320

Assurance Maladie. (2025, 23 janvier). Suivi médical et vie quotidienne avec un trouble du rythme cardiaque. ameli.fr. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/trouble-rythme-cardiaque/suivi-medical-vie-quotidienne

Assurance Maladie. (2026, 9 septembre). Fibrillation auriculaire ou atriale : symptômes, diagnostic, évolution. ameli.fr. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/fibrillation-auriculaire-atriale/symptomes-diagnostic-evolution

Farkash, U., Herman, A., Kalimian, T., Segal, O., Cohen, A., & Laish-Farkash, A. (2020). Keeping the finger on the pulse: Cardiac arrhythmias in hand surgery using local anesthesia with adrenaline. Plastic and Reconstructive Surgery, 146(1), 54e-60e. https://doi.org/10.1097/PRS.0000000000006902

Kim, M., & Kwon, C. H. (2024). Perioperative management of patients with cardiac implantable electronic devices. Korean Journal of Anesthesiology, 77(3), 306-315. https://doi.org/10.4097/kja.23826

Rubin, J. P., Xie, Z., Davidson, C., Rosow, C. E., Chang, Y., & May, J. W., Jr. (2005). Rapid absorption of tumescent lidocaine above the clavicles: A prospective clinical study. Plastic and Reconstructive Surgery, 115(6), 1744-1751. https://doi.org/10.1097/01.prs.0000161678.10555.53