Un mois après une greffe de cheveux, une partie souvent importante des cheveux greffés est tombée ou tombe encore, au point que la zone traitée peut ressembler de nouveau à ce qu’elle était avant l’intervention. Cette chute n’emporte que la tige visible : le follicule, désormais solidement ancré, reste sous la peau et prépare le cheveu qui sortira à partir du troisième ou quatrième mois. Dans le même temps, le cuir chevelu a en général achevé sa cicatrisation de surface, sans croûte, avec une teinte rosée qui pâlit de semaine en semaine.
Ce cap est souvent celui des doutes, parce que le miroir montre un recul alors que la greffe suit son cours normal. Les repères utiles à ce stade portent sur la nature de la chute et sur l’état de la peau, car la densité ne s’apprécie que des mois plus tard.
La plupart des précautions des premières semaines se relâchent aussi autour de cette date : lavage habituel, couvre-chef, reprise progressive de l’effort. Après une greffe de cheveux en Turquie, ce premier mois se passe pour l’essentiel chez vous, loin de la clinique, et chaque reprise se valide avec l’équipe qui assure votre suivi.
Le service public de santé britannique (NHS) décrit cette étape comme habituelle : quelques semaines après l’intervention, les cheveux transplantés tombent souvent, puis repoussent, et les nouveaux cheveux commencent en général à apparaître à partir du quatrième mois. Cette chute s’explique par le fonctionnement du follicule, qui alterne une longue phase de croissance, une courte phase de transition et une phase de repos. Chacune de ces étapes est détaillée dans notre article sur les phases du cycle du cheveu.
Le mécanisme s’apparente à l’effluvium télogène, une perte diffuse de cheveux déclenchée par un stress de l’organisme, dont une chirurgie majeure fait partie des causes classiques (Hughes et al., 2024). Pour un greffon, le stress tient au prélèvement, au temps passé hors du corps puis à l’implantation dans un nouveau site. Une fois au repos, un follicule le reste normalement environ quatre mois avant de produire un nouveau cheveu en croissance, selon les mêmes auteurs, ce qui explique le délai de plusieurs mois avant toute repousse visible.
Ce qui tombe à un mois est donc la tige, alors que le greffon reste ancré : dès la deuxième semaine, une traction ne suffit plus à le déloger, un point développé à propos de la greffe de cheveux après 10 jours. Un cheveu court retrouvé sur l’oreiller ou dans la paume après le shampooing n’indique pas qu’un greffon a été perdu.
Toutes les tiges implantées ne tombent pas au même moment, et une partie peut rester en place. Une équipe coréenne qui pratique la greffe sur cheveux longs montre ainsi, chez une patiente photographiée deux mois après l’intervention, des cheveux greffés en partie tombés, et note que ceux qui restent en place entretiennent un aspect naturel pendant le repos des follicules (Park et al., 2021).
Cette variabilité explique les différences entre les photos de patients publiées au même stade. Une zone presque vide à un mois et une zone qui garde quelques cheveux courts restent deux évolutions compatibles avec une repousse ultérieure, et ni l’une ni l’autre ne permet de prédire la densité finale.
Trois chutes peuvent se superposer au cours du premier mois, et leur localisation suffit souvent à les distinguer. Un quatrième aspect, propre à la zone donneuse, n’a rien d’une chute mais inquiète parfois sur une coupe très courte.
| Ce que vous remarquez | Phénomène probable |
|---|---|
| Zone greffée, tiges courtes | Chute attendue des tiges greffées |
| Autour des greffons, cheveux natifs | Shock loss de la zone receveuse |
| Zone donneuse, plaque clairsemée | Shock loss de la zone donneuse |
| Zone donneuse, petits points blancs | Cicatrices de prélèvement |
Sur la zone greffée, la chute des tiges implantées ne demande aucun geste particulier en dehors des soins prévus. Le shock loss concerne au contraire les cheveux natifs, restés à leur place, autour des greffons et, plus rarement, sur la zone donneuse. Le terme sert parfois à désigner la chute des tiges greffées, ce qui entretient la confusion entre deux phénomènes distincts. Sur la zone receveuse, des cheveux préexistants situés entre ou autour des greffons tombent sous l’effet du traumatisme local et de l’inflammation ; Romera de Blas et al. (2026) situent cette chute de la deuxième à la huitième semaine, avec une repousse qui débute habituellement vers le troisième mois.
Ce phénomène ne frappe pas tous les patients de la même manière. Dans une série japonaise de 621 patients opérés en FUE, 23 ont présenté un shock loss de la zone receveuse, dont 14 des 67 femmes de la série ; le sexe féminin était le seul facteur de risque retrouvé, et chez les femmes, le risque augmentait avec l’âge (Okochi et al., 2024). Les follicules natifs déjà très affinés ou proches de la fin de leur cycle peuvent ne pas repousser, ce que développe notre dossier sur le shock loss après une greffe de cheveux.
Sur la zone donneuse, une plaque plus clairsemée, parfois bien délimitée, évoque d’abord un shock loss des cheveux restants, que la revue de 2026 nomme effluvium de la zone donneuse. Nettement moins fréquent que la chute de la zone receveuse, il apparaît en général dans les deux à quatre semaines qui suivent l’intervention, puis disparaît de lui-même en trois à six mois (Romera de Blas et al., 2026). Une photo nette de la plaque, envoyée dès que vous la remarquez, permet à l’équipe de vérifier qu’elle se regarnit dans ce délai.
Les petits points plus clairs visibles sur une coupe rase sont d’une autre nature. Chaque prélèvement par micro-punch laisse une minuscule cicatrice, qui peut apparaître sous forme de points blancs, d’autant plus visibles que la peau est foncée, les cheveux sombres ou la coupe courte (Romera de Blas et al., 2026). Le prélèvement et la répartition des greffons sur la zone donneuse, pensés pour préserver son aspect, sont expliqués dans notre guide de la greffe de cheveux.
À un mois, les croûtes ont disparu depuis plusieurs semaines et la surface de la peau est refermée. Le cuir chevelu peut pourtant garder quelques traces de la cicatrisation en cours, dont la plupart s’effacent d’elles-mêmes.
Une teinte rosée autour des greffons peut encore se voir à ce stade, d’autant plus nettement que la peau est claire. Romera de Blas et al. parlent d’érythème persistant lorsque cette rougeur dure au-delà de quatre semaines : le plus souvent, il s’efface sans traitement, mais une forme intense tend à durer plus longtemps et s’accompagne d’une chute plus marquée et d’une moins bonne survie des greffons. Une rougeur qui s’intensifie, gagne du terrain ou s’accompagne de démangeaisons, de douleurs ou de brûlures mérite donc d’être montrée à l’équipe, qui recherchera une folliculite, une infection débutante ou une réaction à un produit que vous appliquez.
Les démangeaisons diminuent en général après les premières semaines, mais elles persistent plusieurs mois chez une petite partie des patients (Romera de Blas et al., 2026). Un lavage doux et un soin hydratant conseillé par la clinique les soulagent sans abîmer la peau, contrairement au grattage avec les ongles.
Une zone engourdie, ou au contraire plus sensible au toucher, s’explique par les minuscules fibres nerveuses sectionnées au moment des prélèvements. Selon la même revue, ces troubles de la sensibilité durent de quelques jours à quelques mois, et prennent plus rarement la forme de picotements désagréables ou de brûlures, qui disparaissent le plus souvent d’eux-mêmes. Signalez-les s’ils vous gênent ou s’étendent.
Des papules rouges autour d’un cheveu, coiffées parfois d’une petite tête blanche, évoquent une folliculite. D’après la revue de 2026, elle apparaît surtout pendant les quatre premières semaines : à un mois, vous arrivez donc au terme de la période où elle se déclare habituellement. Ces boutons peuvent être stériles ou infectés, et le choix entre soins locaux et antibiotique revient au médecin. Ne les percez pas : une photo nette suffit pour décider s’il faut les traiter.
À un mois, une peau refermée tolère en général un lavage ordinaire, au rythme qui vous convient, avec un shampooing doux et une eau tiède. Le massage du bout des doigts redevient possible sur toute la tête, et la serviette se pose en tamponnant tant que la peau greffée n’a pas perdu sa couleur rosée. Le passage du shampooing conseillé par la clinique à votre produit habituel se fait avec l’accord de l’équipe, surtout si votre cuir chevelu est sensible ou sujet aux pellicules.
Ces repères sont ajustés par l’équipe selon le nombre de greffons implantés et la façon dont votre peau cicatrise. Notre article sur les soins après une greffe de cheveux reprend les gestes de la convalescence étape par étape.
Le coiffeur peut retrouver sa place dans votre agenda. Sur une zone donneuse cicatrisée, une coupe aux ciseaux ou à la tondeuse munie d’un sabot se discute à partir de ce stade, tandis que la zone greffée gagne à attendre l’apparition des nouveaux cheveux avant tout passage de tondeuse. Les colorations, décolorations et défrisages déposent des produits irritants sur une peau encore fine : demandez à l’équipe le délai adapté à votre cicatrisation avant de prendre rendez-vous.
Casquettes, bonnets et chapeaux ne menacent plus des greffons fixés depuis plusieurs semaines. Choisissez un modèle propre, qui ne serre pas, et retirez-le s’il frotte une zone encore rosée. Le casque de moto ou de vélo, qui appuie sur tout le crâne, se reprend sur avis médical, souvent autour de ce premier mois.
Le premier mois ouvre souvent le retour à l’entraînement habituel, avec l’accord de l’équipe. Sur un cuir chevelu sans plaie, sans croûte ni bouton infecté, la course, le vélo et la musculation reviennent par paliers, les charges lourdes en dernier, en observant la réaction de la peau à la transpiration. Les sports de contact et ceux qui exposent la tête aux chocs demandent un avis au cas par cas, et notre article consacré au sport après greffe de cheveux détaille ces délais discipline par discipline.
La piscine et la mer se discutent à partir de ce stade, lorsque la peau est entièrement refermée et sans bouton. Rincez le cuir chevelu à l’eau douce après la baignade pour éliminer le chlore ou le sel, et reportez la baignade si une rougeur marquée persiste. Le sauna et le hammam, qui associent chaleur forte et transpiration prolongée, se reprennent selon le même principe, en commençant par des séances courtes.
Le soleil reste à surveiller sur une peau récemment cicatrisée, qu’il s’agisse de la zone greffée ou de la zone donneuse rasée. Un chapeau ou une casquette protège efficacement lors des expositions prolongées, et une crème solaire peut compléter cette protection si le chirurgien l’autorise sur la zone greffée. Le coup de soleil est à éviter avant tout, car il ajoute une inflammation à une peau encore en réparation.
La vie intime a en général repris dès les semaines précédentes. Seuls un appui prolongé ou un frottement répété sur la zone greffée restent à éviter tant qu’elle n’a pas retrouvé la couleur du reste du cuir chevelu.
Les compléments alimentaires sont souvent présentés comme un moyen de hâter la repousse, avec du fer, du zinc ou des vitamines B, C et E. Almohanna et al. (2019) invitent à plus de nuance dans leur revue : une carence en fer justifie une supplémentation, mais aucune donnée ne soutient un rôle de la vitamine E dans l’alopécie androgénétique ou l’effluvium télogène, le dosage systématique du zinc n’y est pas recommandé, et un excès de vitamine A ou de sélénium peut lui-même faire tomber les cheveux. Une alimentation variée reste la base, et seul un bilan sanguin prescrit par votre médecin indique si une carence mérite d’être corrigée.
Le minoxidil et le finastéride, deux traitements médicaux de la chute de cheveux, agissent surtout sur les cheveux natifs, que l’alopécie androgénétique peut continuer d’affiner autour de la greffe. Face à un shock loss, de la zone receveuse comme de la zone donneuse, la revue espagnole de 2026 cite le minoxidil parmi les traitements susceptibles d’accélérer la repousse, mais son début ou sa reprise, comme ceux du finastéride, se décident avec le médecin, en tenant compte de votre cicatrisation et de vos antécédents. Le PRP peut aussi être discuté : il n’est pas compris dans nos forfaits et ne s’envisage que sur recommandation du chirurgien.
Certains signes demandent un contact le jour même. Une rougeur qui s’étend, une zone chaude et gonflée, une douleur qui augmente, un écoulement purulent ou de la fièvre évoquent une infection, complication que Romera de Blas et al. situent surtout dans les quatre premières semaines. Si vous ne parvenez pas à joindre l’équipe, consultez votre médecin traitant ou, le soir et le week-end, un médecin de garde, avec le compte rendu de l’opération.
D’autres constats se signalent sans urgence, photos à l’appui. C’est le cas d’une croûte encore présente à un mois, puisque la revue de 2026 recommande d’examiner toute croûte qui persiste au-delà de deux semaines, ou de boutons qui se multiplient. Une petite boule ferme sous la peau, sur la zone donneuse ou parfois sur la zone greffée, peut correspondre à un kyste d’inclusion : peu fréquent, il se forme à partir d’un fragment de follicule ou de peau resté dans le derme lors du prélèvement, et peut s’enflammer (Romera de Blas et al., 2026). Une chute qui déborde largement la zone opérée mérite aussi un avis, pour distinguer un effluvium transitoire d’une autre cause.
Le deuxième mois prolonge en général la phase de repos : la zone greffée évolue peu, et les dernières tiges peuvent encore tomber. Ce qui peut se produire pendant cette période d’attente est décrit dans un article distinct, consacré à la greffe de cheveux après 2 mois.
Le calendrier complet, des premiers cheveux fins jusqu’au résultat final, est retracé dans notre dossier sur l’évolution d’une greffe de cheveux. Une série de photos prise dès maintenant, sous le même éclairage et aux mêmes angles que celles d’avant l’intervention, vous servira de point de comparaison quand la repousse commencera.
Nos forfaits comprennent un suivi post-opératoire de 12 mois à distance, qui couvre cette période de chute, souvent la plus déroutante du parcours. Votre assistante francophone dédiée reste joignable tout au long de ces douze mois : vous lui adressez des photos de la zone greffée et de la zone donneuse, avec la date de l’intervention et vos questions, et l’équipe médicale de notre clinique partenaire vérifie, à partir de ces images, que la chute correspond à celle attendue et que la peau a bien cicatrisé.
Si vous préparez votre projet, notre page greffe de cheveux à Istanbul décrit le séjour sur place jusqu’au premier shampooing réalisé en clinique, et notre devis gratuit sous 24 h, sans engagement, vous permet de demander comment ce suivi se déroule après votre retour.
Almohanna, H. M., Ahmed, A. A., Tsatalis, J. P., & Tosti, A. (2019). The role of vitamins and minerals in hair loss: A review. Dermatology and Therapy, 9(1), 51-70. https://doi.org/10.1007/s13555-018-0278-6
Hughes, E. C., Syed, H. A., & Saleh, D. (2024, 1er mai). Telogen effluvium. Dans StatPearls. StatPearls Publishing. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK430848/
National Health Service. (2023, 29 septembre). Hair transplant. NHS. https://www.nhs.uk/tests-and-treatments/cosmetic-procedures/cosmetic-surgery/hair-transplant/
Okochi, H., Onda, M., Momosawa, A., & Okochi, M. (2024). An analysis of risk factors of recipient site temporary effluvium after follicular unit excision: A single-center retrospective study. Aesthetic Plastic Surgery, 48(7), 1258-1263. https://doi.org/10.1007/s00266-023-03699-z
Park, J. H., You, S. H., Kim, N. R., & Ho, Y. H. (2021). Long hair follicular unit excision: Personal experience. International Journal of Dermatology, 60(10), 1288-1295. https://doi.org/10.1111/ijd.15648
Romera de Blas, C., Vega Díez, D., Ricart Vayá, J. M., & Gómez Zubiaur, A. (2026). Complications in follicular unit excision hair transplantation: Current evidence and practical approaches. Frontiers in Medicine, 13, 1750989. https://doi.org/10.3389/fmed.2026.1750989