Il ne faut pas arrêter ni réduire un antidépresseur de votre propre initiative pour préparer une greffe de cheveux. La prise de ce traitement n’exclut pas automatiquement l’intervention. Pour de nombreux patients sous inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine, ou ISRS, la poursuite est envisageable, avec des précautions adaptées. La décision dépend du médicament, de votre état de santé et du protocole opératoire.
Deux questions doivent être distinguées : votre traitement peut-il contribuer à la chute, et modifie-t-il les précautions à prendre pendant la chirurgie ? Elles demandent une évaluation coordonnée entre le médecin prescripteur et l’équipe qui réalisera la greffe.
Une chute a été rapportée avec certains antidépresseurs, notamment des ISRS. Une revue systématique publiée en 2022 a réuni 38 publications décrivant 71 patients et 81 épisodes de perte de cheveux associés à ces médicaments. Elle confirme l’existence de signalements, mais ne permet pas de calculer la proportion de personnes traitées qui développeront cet effet : il s’agit de cas publiés, pas du suivi de tous les utilisateurs.
Dans les observations rapportées, les délais d’apparition étaient très variables. Une chute peut apparaître après l’introduction du traitement ou une modification de dose, mais cette succession dans le temps ne suffit pas à prouver un lien de cause à effet.
La chute médicamenteuse peut prendre la forme d’un effluvium télogène : davantage de cheveux passent dans la phase de repos du cycle, puis tombent. Elle est généralement diffuse, plutôt que limitée aux golfes ou au sommet du crâne. Une amélioration est possible après une adaptation décidée par le prescripteur, sans être immédiate ni garantie dans tous les cas. L’arrêt de la chute et la récupération d’une densité visible sont deux étapes différentes.
Un témoignage décrivant une amélioration en quelques semaines ne fournit donc pas un calendrier pour votre propre chevelure. Et un effet indésirable suspecté ne justifie pas de vous priver brutalement d’un traitement utile.
Le dermatologue examine la répartition de la chute, le cuir chevelu et l’évolution dans le temps. Il rapproche ces observations du début des traitements, des changements de dose, d’une maladie récente, d’un stress important ou d’autres éléments médicaux. Des examens complémentaires peuvent être proposés selon le contexte ; un bilan identique n’est pas nécessaire pour tout le monde.
Il faut notamment distinguer une chute diffuse potentiellement réversible, une alopécie androgénétique et une autre maladie du cuir chevelu. Plusieurs mécanismes peuvent coexister : un effluvium peut rendre plus visible une calvitie qui progressait déjà. Notre guide des différentes formes d’alopécie explique ces distinctions.
Une greffe redistribue des follicules existants. Elle ne corrige pas la cause d’un effluvium actif et ne constitue généralement pas la première réponse à une chute susceptible de récupérer. Lorsque le diagnostic reste incertain, mieux vaut clarifier la situation avant de fixer un nombre de greffons ou une date d’intervention.
Il ne faut pas non plus commencer automatiquement du minoxidil ou du finastéride pour compenser une chute supposée médicamenteuse. Le choix d’un traitement capillaire dépend du diagnostic, de ses bénéfices attendus et de ses risques propres.
Une diminution trop rapide, un arrêt soudain ou des prises oubliées peuvent provoquer des symptômes de sevrage : vertiges, nausées, troubles du sommeil, anxiété, irritabilité ou sensations inhabituelles. Leur intensité et leur durée varient ; certains symptômes peuvent être importants ou prolongés.
Le sevrage n’est pas synonyme de rechute dépressive. Les deux situations doivent être distinguées, même si certains signes se ressemblent. L’interruption du traitement peut aussi favoriser, séparément, le retour de la maladie pour laquelle il a été prescrit.
Lorsque l’arrêt est médicalement indiqué, les recommandations NICE prévoient une réduction progressive et individualisée, avec surveillance. Elle peut prendre plusieurs semaines ou davantage. Le calendrier dépend notamment de la molécule, de la durée de traitement et de votre réponse aux diminutions. Il n’existe pas une consigne universelle « arrêter sept jours avant » valable pour tous les antidépresseurs.
Une chirurgie esthétique programmée doit s’organiser autour de cette décision médicale. Si l’équilibre du traitement nécessite du temps, reporter la greffe peut être préférable à une modification précipitée.
Les ISRS peuvent modifier le fonctionnement des plaquettes, qui participent à l’arrêt du saignement. Des études observationnelles ont trouvé une association avec davantage de complications hémorragiques dans certaines interventions. Les résultats varient toutefois selon la chirurgie, les patients et la définition du saignement.
La revue de Roose et Rutherford souligne qu’on ne peut pas en déduire précisément le risque d’une personne pour une intervention donnée. Les chiffres issus d’opérations orthopédiques, cardiaques ou mammaires ne deviennent pas automatiquement ceux d’une greffe capillaire. À l’inverse, qualifier la greffe d’intervention superficielle ne suffit pas à écarter tout risque.
L’équipe doit tenir compte de vos antécédents de saignement et des autres médicaments, notamment les anticoagulants, l’aspirine et les anti-inflammatoires. N’en suspendez aucun sans consigne médicale adaptée.
L’anesthésie locale ne dispense pas de vérifier les interactions. Selon le protocole, d’autres produits peuvent être utilisés : sédatifs, antalgiques ou médicaments contre les nausées, par exemple.
Le guide périopératoire de la UK Clinical Pharmacy Association recommande généralement de poursuivre la sertraline, tout en vérifiant les interactions et les facteurs de risque individuels. Il signale notamment des précautions avec certains antalgiques, dont le tramadol, en raison d’un risque de toxicité sérotoninergique. Cela ne signifie pas qu’une complication surviendra, mais que le choix et la surveillance des médicaments doivent être préparés.
Les antidépresseurs ne sont pas tous équivalents. Une consigne concernant un ISRS ne se transpose pas automatiquement à un tricyclique, un IMAO ou à une association de plusieurs traitements. Le nom exact du médicament est plus utile à l’équipe que la seule mention « antidépresseur ».
Présentez une liste actualisée comprenant :
Le prescripteur évalue les conséquences d’une modification sur votre santé mentale. L’équipe opératoire précise les médicaments prévus et le risque lié au geste. Un échange entre ces professionnels doit permettre d’établir une consigne cohérente, y compris pour le jour de l’intervention et les suites.
Si une fiche générale de préparation semble contredire votre ordonnance, faites clarifier ce point avant le voyage. Une instruction écrite pour votre situation évite de devoir arbitrer seul entre deux recommandations différentes.
Pour une intervention à l’étranger, prévoyez aussi la continuité du traitement, vos ordonnances et les coordonnées du médecin qui vous suit. La préparation doit inclure le retour et l’accès à un avis si des symptômes apparaissent.
Les sources disponibles ne permettent pas d’attribuer aux antidépresseurs un taux précis d’échec des greffons. Elles ne permettent pas davantage de garantir que toute chute observée après l’intervention sera sans rapport avec le traitement.
Une chute de tiges transplantées peut faire partie de l’évolution initiale. D’autres mécanismes, notamment un effluvium ou la poursuite d’une alopécie préexistante, peuvent aussi intervenir. Une modification durable ou inhabituelle mérite donc une évaluation plutôt qu’un arrêt médicamenteux improvisé. Les repères de repousse après une greffe aident à comprendre le suivi, sans remplacer cet examen.
Lorsqu’une calvitie persistante justifie d’envisager une intervention, l’examen de la zone donneuse reste indispensable. Le traitement antidépresseur est un élément du dossier, pas le seul critère d’éligibilité.
Body Expert accompagne les projets de greffe de cheveux en Turquie en tant qu’agence de tourisme médical travaillant avec des cliniques partenaires. L’indication et les consignes médicamenteuses relèvent des professionnels de santé. Signaler votre traitement dès le premier échange permet d’organiser cette évaluation sans confondre projet capillaire et prise en charge de la santé mentale.
Pejcic, A. V., & Paudel, V. (2022). Alopecia associated with the use of selective serotonin reuptake inhibitors: Systematic review. Psychiatry Research, 313, 114620. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2022.114620
Roose, S. P., & Rutherford, B. R. (2016). Selective serotonin reuptake inhibitors and operative bleeding risk: A review of the literature. Journal of Clinical Psychopharmacology, 36(6), 704–709. https://doi.org/10.1097/JCP.0000000000000575
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