La FUT (Follicular Unit Transplantation) est la greffe de cheveux par bandelette : le chirurgien retire une bande de cuir chevelu à l’arrière du crâne, son équipe la découpe sous microscope en unités folliculaires de un à quatre cheveux, puis ces greffons sont implantés dans les zones dégarnies. La FUE prélève au contraire chaque unité séparément, avec un micro-punch. Les deux méthodes fournissent des greffons de qualité comparable et se distinguent surtout par la trace laissée dans la zone donneuse : une cicatrice linéaire pour la FUT, de petites cicatrices ponctuelles pour la FUE (Gupta et al., 2020).
La bandelette a perdu du terrain face à la FUE, dont la popularité tient à l’absence de cicatrice linéaire (Garg & Garg, 2021). Elle garde des défenseurs pour quelques situations précises, comme une calvitie étendue qui demandera beaucoup de greffons au fil des années, le refus de raser la zone donneuse ou des cheveux très frisés, plus difficiles à extraire un par un.
Chez Body Expert, les greffes réalisées dans notre clinique partenaire d’Istanbul font appel à la FUE classique, à la FUE Saphir ou à la DHI, et la FUT ne fait pas partie des techniques proposées. Comprendre ce qu’engage la bandelette vous aide malgré tout à comparer les solutions de greffe de cheveux en Turquie qui vous seront présentées, ou à évaluer la cicatrice laissée par une intervention ancienne.
Le sigle FUT signifie transplantation d’unités folliculaires. Une unité folliculaire correspond au groupement naturel dans lequel les cheveux émergent de la peau, le plus souvent par un, deux, trois ou quatre. La littérature anglophone parle aussi de FUSS, pour follicular unit strip surgery, et certains chirurgiens français emploient le terme FUL pour une variante réalisée sans raser les cheveux.
Le principe est celui de toute greffe capillaire. Dans la couronne de cheveux qui borde la nuque et remonte au-dessus des oreilles, que les chirurgiens appellent la zone donneuse de sécurité, les follicules restent à l’abri des facteurs androgéniques responsables de la miniaturisation, et ils gardent cette propriété une fois déplacés vers le sommet ou le front (Garg & Garg, 2021).
La FUT se distingue par son mode de récolte. Une ellipse de peau chevelue est excisée d’un seul tenant, la plaie est refermée par des points ou des agrafes, et toutes les unités contenues dans la bande sont ensuite séparées et utilisées (Keene et al., 2024).
L’intervention se fait sous anesthésie locale. Après le dessin de la zone donneuse, le chirurgien incise une bande horizontale dans la région occipitale, en suivant l’inclinaison des follicules pour éviter de les sectionner, puis il la soulève. La hauteur de cette bande règle à la fois le nombre de greffons disponibles et la largeur de la future cicatrice.
La fermeture de la plaie demande autant de soin que le prélèvement. Une suture trop serrée accroît la tension sur les berges, ce qui favorise l’élargissement de la cicatrice et, lorsque la tension devient excessive, une souffrance de la peau pouvant aller jusqu’à la nécrose (Kerure & Patwardhan, 2018). La fermeture trichophytique améliore l’aspect de la ligne : sur une berge ou sur les deux, le chirurgien excise un liseré superficiel de 1 à 2 mm, assez fin pour préserver les follicules sous-jacents, et les cheveux ainsi conservés repoussent ensuite au travers de la cicatrice, qu’ils rendent moins visible (Nirmal et al., 2013).
Pendant ce temps, une équipe travaille sur la bande prélevée. Elle la découpe en tranches fines, puis isole chaque unité folliculaire sous grossissement en retirant l’excès de tissu, ce qui permet de suivre l’axe de chaque follicule sur toute sa longueur. Les greffons ainsi triés attendent au frais le moment de leur implantation.
Le chirurgien ouvre ensuite de petites incisions dans la zone receveuse, en réglant l’angle, la direction et la densité selon la ligne frontale ou la zone à couvrir, et les greffons y sont placés un à un. Cette dernière phase ressemble à celle d’une FUE classique, puisque seule la manière de récolter les follicules change.
La bandelette laisse toujours une cicatrice horizontale à l’arrière du crâne. Recouverte par des cheveux de longueur moyenne, elle passe le plus souvent inaperçue ; avec une coupe très courte ou à la tondeuse, elle devient visible. C’est la raison pour laquelle Garg et Garg (2021) orientent vers la FUE les patients qui tiennent à garder les cheveux courts.
Sa largeur dépend d’abord de la hauteur de la bande prélevée. Nirmal et al. (2013) ont mesuré au dermatoscope, trois mois après l’intervention, la cicatrice de 30 patients opérés avec des bandelettes de 10 à 15 mm de hauteur. Les bandes de 10 à 12 mm avaient laissé des cicatrices de 3 à 5 mm, celles de 13 à 15 mm des cicatrices de 5 à 10 mm, et la satisfaction des patients baissait à mesure que la bande était plus haute. Les meilleures notes allaient aux bandes de moins de 1,3 cm et aux fermetures trichophytiques doubles, réalisées sur les deux bords de la plaie.
La peau du patient pèse aussi dans le résultat. Un cuir chevelu peu souple expose davantage à une cicatrice large, de même qu’un antécédent de cicatrice hypertrophique ou de chéloïde, deux situations dans lesquelles Garg et Garg (2021) jugent la FUE préférable.
Certaines cliniques annoncent une cicatrice de FUT « de moins d’un millimètre », alors que la plus fine relevée dans la série de Nirmal et al. mesurait 3 mm à trois mois. La largeur obtenue dépend de la hauteur de bande, de la souplesse de votre peau et de votre cicatrisation, autant de points à faire préciser avant de vous décider. L’évolution des deux types de marques au fil des mois est suivie dans notre article consacré aux cicatrices de greffe de cheveux.
Après une FUT, l’arrière du crâne porte une suture qui tire pendant les premiers jours. Kerure et Patwardhan (2018) comptent une bande large, la tension de la plaie, le saignement et les grandes séances menées sous une anesthésie insuffisante parmi les facteurs de douleur, laquelle se contrôle en général par une technique soigneuse et des antalgiques. Les fils ou les agrafes sont retirés au moment indiqué par le chirurgien, mais la cicatrice met des semaines, parfois des mois, à mûrir : selon les mêmes auteurs, des flexions de la nuque reprises sans respecter les consignes la mettent en tension et peuvent l’élargir.
La sensibilité de la zone peut également changer. Une incision trop profonde peut sectionner des branches des nerfs occipitaux et laisser une hypoesthésie, c’est-à-dire une perception diminuée du toucher dans le territoire de ces nerfs ; une cicatrisation nerveuse anormale peut entretenir une hypersensibilité, voire faire apparaître un névrome, petit nodule sensible au toucher (Kerure & Patwardhan, 2018). Ces auteurs rangent aussi l’engourdissement et la douleur persistante parmi les complications possibles de la FUE, si bien que ce risque concerne les deux méthodes.
D’autres suites sont propres à la zone donneuse. Une chute temporaire des cheveux au-dessus et au-dessous de l’incision, appelée effluvium de la zone donneuse, peut apparaître et récupère presque toujours dans les trois à quatre mois (Kerure & Patwardhan, 2018). Dans la série de Nirmal et al. (2013), la complication la plus fréquente était une éruption de type folliculite chez 16 patients sur 30, avec des lésions peu nombreuses qui n’ont provoqué douleur ou démangeaisons que chez trois d’entre eux. Les infections sont rares après une greffe capillaire, sous 1 % d’après Kerure et Patwardhan, mais une fermeture très tendue de la zone donneuse en augmente le risque.
Garg et Garg (2021) conseillent la FUE aux personnes qui tolèrent mal la douleur ou qui doivent reprendre le travail rapidement. Quelle que soit la technique, une douleur qui augmente d’un jour à l’autre, une plaie qui s’ouvre, un écoulement purulent, une rougeur qui gagne du terrain ou de la fièvre justifient de prévenir l’équipe sans attendre.
Gupta, Love et Harris (2020) ont confronté les deux méthodes à partir des publications disponibles. Ils concluent que FUE et FUT produisent des greffons de bonne qualité avec une efficacité équivalente, et que la différence majeure tient au type de cicatrice dans la zone donneuse. Ils décrivent aussi des groupes de patients qui relèvent de l’une, de l’autre ou des deux techniques, ce qui exclut un verdict valable pour tous.
Une équipe brésilienne a comparé les greffons de patients opérés une première fois par bandelette, puis par FUE lors d’une seconde intervention, dans la même clinique et avec la même équipe chirurgicale (Takata Pontes et al., 2024). Les unités prélevées en FUE contenaient plus souvent trois cheveux ou davantage, et le rapport entre le nombre de cheveux et le nombre d’unités était plus élevé. Les auteurs l’attribuent à la sélection, le chirurgien choisissant en FUE les unités les plus fournies, alors qu’une bande livre toutes celles qu’elle contient ; ils se refusent pourtant à déclarer une méthode supérieure, l’indication dépendant de plusieurs facteurs.
La FUE a ses propres contraintes. Elle impose de raser la zone donneuse, sauf variante sans rasage, et elle expose à davantage de follicules sectionnés sur des cheveux très frisés, deux cas où Garg et Garg (2021) ne la retiennent pas comme méthode préférée. Elle marque aussi la peau, sous forme de petites macules blanches aux points d’extraction : lorsque le prélèvement est bien conduit, l’œil n’en distingue pas la plupart, mais une coupe très rase peut les révéler à courte distance, surtout sur une peau mate à foncée (Kerure & Patwardhan, 2018).
Le déroulement d’une greffe de cheveux FUE, sa durée et ses suites sont décrits pas à pas dans notre guide. Quelle que soit la méthode de récolte, les greffons viennent de la même zone donneuse et conservent la même résistance à la calvitie une fois implantés.
La zone donneuse constitue une réserve limitée, et les deux méthodes l’entament de façon différente. La bandelette retire une surface de peau dont toutes les unités sont greffées : il en reste une ligne cicatricielle sans cheveux, bordée de zones qui n’ont pas été prélevées. La FUE répartit au contraire ses prélèvements sur une surface plus large, en laissant en place une partie des unités autour de chaque point.
Cette dispersion a une limite. Kerure et Patwardhan (2018) recommandent de ne pas extraire plus d’une unité folliculaire sur quatre dans la zone de sécurité, car un prélèvement excessif peut éclaircir durablement la zone donneuse, jusqu’à laisser des plages dégarnies définitives. Keene et al. (2024) en tirent un argument en faveur de la bandelette : la FUE ne pouvant récolter qu’une fraction des unités avant que l’éclaircissement se voie, son rendement cumulé sur une vie reste limité chez les patients atteints d’une calvitie avancée. Ces auteurs défendent l’association des deux méthodes chez un même patient, tout en reconnaissant que l’expérience accumulée avec leur propre technique combinée reste limitée.
Ces considérations comptent surtout si votre calvitie progresse. Une première bandelette n’interdit pas une intervention ultérieure : lorsqu’une nouvelle bande est impossible ou refusée, la FUE prend le relais, sauf si la zone donneuse est largement cicatricielle (Garg & Garg, 2021). Notre article sur l’évaluation de la zone donneuse explique comment cette réserve s’apprécie, et un dossier distinct sur la deuxième greffe de cheveux précise quand une nouvelle séance se justifie.
La question de la technique vient après celle de la greffe elle-même. Garg et Garg (2021) rappellent qu’une chute encore évolutive chez un patient jeune relève d’abord d’un traitement médical, qu’une perte diffuse sans schéma défini doit voir sa cause traitée avant toute chirurgie et qu’un patient très dégarni qui attend une chevelure complète, sans réserve donneuse disponible hors du cuir chevelu, n’est pas candidat. Une fois l’indication posée, plusieurs critères orientent vers l’une ou l’autre méthode.
| Votre situation | Méthode à privilégier |
|---|---|
| Cheveux portés très courts | FUE |
| Cuir chevelu peu souple | FUE |
| Antécédent de chéloïde | FUE |
| Reprise rapide du travail | FUE |
| Ancienne FUT, 2e bande exclue | FUE en relais |
| Refus de raser (femme) | Bandelette ou FUE sans rasage |
| Cheveux très frisés | Bandelette, à discuter |
| Calvitie très étendue | Association des deux, à discuter |
Garg et Garg (2021) fondent ces orientations, à l’exception de l’association des deux méthodes en cas de calvitie très étendue, défendue par Keene et al. (2024). La FUT reste donc discutée dans trois cas : une femme qui ne souhaite pas raser la zone donneuse, des cheveux très frisés dont l’extraction unitaire sectionne trop de follicules, et une calvitie avancée pour laquelle chaque unité compte sur le long terme. L’article consacré à la greffe de cheveux sur un stade Norwood 7 montre comment se répartit une réserve limitée lorsque la calvitie atteint ce stade.
Entre ces extrêmes, une partie des patients relève des deux techniques, comme le soulignent Gupta et al. (2020). Le choix tient alors à la coupe que vous comptez porter, aux suites que vous acceptez de traverser et à ce que votre zone donneuse devra encore fournir dans dix ou quinze ans.
Une cicatrice de bandelette ancienne peut être rendue moins lisible de deux manières. La première consiste à implanter dans la cicatrice elle-même des greffons prélevés par FUE ; ce que suppose une greffe en tissu cicatriciel, de la maturité de la cicatrice à sa vascularisation, est expliqué dans l’article sur la greffe de cheveux sur cicatrices.
La seconde est la micropigmentation capillaire, qui reproduit par de fins points de pigment l’aspect d’un crâne tondu et estompe la ligne sous une coupe courte ; Body Expert la propose notamment sous la forme d’un forfait de réparation des cicatrices de FUT. Le choix entre ces deux options dépend de la largeur de la cicatrice, de la qualité de la peau et de la réserve donneuse encore disponible, ce que l’analyse de vos photos permet de préciser.
Notre clinique partenaire à Istanbul pratique trois techniques : la FUE classique, la FUE Saphir, dont les lames en saphir ouvrent les canaux d’implantation, et la DHI, qui implante les greffons au stylo Choi. Le choix entre elles dépend du stade de calvitie, de la surface à couvrir, de la nature du cheveu et de la densité recherchée ; notre comparatif DHI ou FUE détaille ce qui les sépare au moment de l’implantation.
Si votre profil correspond à l’un des cas où la bandelette se discute, mentionnez-le en nous adressant vos photos : leur analyse permet de vous dire ce que notre clinique partenaire peut réaliser par FUE ou par DHI dans votre cas. Le plan de traitement qui vous est alors remis indique la technique conseillée et le nombre de greffons estimé, avec un devis gratuit sous 24 h, sans engagement. Le forfait n’impose aucune limite au nombre de greffons ; c’est votre zone donneuse qui fixe ce qu’il est raisonnable de prélever, aujourd’hui comme lors d’une éventuelle seconde séance.
Pendant le séjour, l’hébergement se fait en hôtel 5 étoiles, petit-déjeuner compris, les trajets entre l’aéroport, l’hôtel et la clinique s’effectuent en transfert VIP, et vous êtes épaulé par une assistante francophone dédiée ; le vol, lui, reste hors forfait. Notre suivi post-opératoire de 12 mois à distance couvre la cicatrisation de la zone donneuse puis l’ensemble de la repousse. Pour suivre le séjour jour par jour, de l’arrivée au retour, consultez le déroulé de notre greffe de cheveux à Istanbul.
Garg, A., & Garg, S. (2021). Overview of follicular extraction. Indian Journal of Plastic Surgery, 54(4), 456-462. https://doi.org/10.1055/s-0041-1739244
Gupta, A. K., Love, R. P., & Harris, J. A. (2020). Old friend or new ally: A comparison of follicular unit transplantation and follicular unit excision methods in hair transplantation. Dermatologic Surgery, 46(8), 1078-1083. https://doi.org/10.1097/DSS.0000000000002373
Keene, S. A., Susacasa, A., Miranda, P., & Radwanski, H. (2024). Follicular unit excision-linear ellipse donor harvesting technique: Combining standard follicular unit excision with follicular unit excision inside a linear strip (modified linear strip excision) to optimize graft yield. Facial Plastic Surgery, 40(2), 205-213. https://doi.org/10.1055/a-2198-2703
Kerure, A. S., & Patwardhan, N. (2018). Complications in hair transplantation. Journal of Cutaneous and Aesthetic Surgery, 11(4), 182-189. https://doi.org/10.4103/JCAS.JCAS_125_18
Nirmal, B., Somiah, S., & Sacchidanand, S. A. (2013). A study of donor area in follicular unit hair transplantation. Journal of Cutaneous and Aesthetic Surgery, 6(4), 210-213. https://doi.org/10.4103/0974-2077.123408
Takata Pontes, L., Ruston, A., & de Moraes, A. M. (2024). Strip harvesting follicular unit transplantation versus follicular unit excision: Comparing the number of hairs and the ratio of hairs to follicular unit. Dermatologic Surgery, 50(9), 851-854. https://doi.org/10.1097/DSS.0000000000004230